(Boursier.com) -- LA TENDANCE
Après deux séances consécutives de baisse, dont une chute de 3% hier, le CAC40 a rebondi de 1,50% ce mardi, à 2.984 pts en clôture. Les volumes ont néanmoins été assez faibles, accentuant un peu plus la volatilité des cours... Les investisseurs se sont donc risqués à quelques achats aujourd'hui malgré la situation toujours difficile en zone euro, marquée ce mardi par la dégradation de la note souveraine italienne par S&P. Le secteur bancaire a d'ailleurs une fois encore souffert aujourd'hui...
Les regards sont désormais tournés vers la Reserve Fédéral américaine ce soir alors que les opérateurs continuent d'espérer de nouveaux assouplissements. La réunion de deux jours de la Fed débute en effet ce mardi...
ECO ET DEVISES
Après la Grèce, l'Italie revient donc inquiéter les marchés... Cette nuit, Standard & Poor's a ainsi annoncé l'abaissement d'un cran de ses notes de crédit à long terme (de A+ à A) et à court terme (de A-1+ à A-1) sur l'Italie. L'agence de notation a maintenu sa perspective négative, ce qui augure d'autres dégradations à venir. La décision de S&P est une petite surprise dans la mesure où les marchés s'attendaient plutôt à ce que sa concurrente Moody's tire la première salve contre Rome... Moody's avait en effet indiqué la semaine dernière qu'elle achèverait en octobre son examen de la note italienne en vue d'un possible abaissement. S&P a donc réagi plus vite, et explique sa décision par l'affaiblissement des perspectives de croissance économiques de l'Italie, ainsi que par l'inadéquation de la réaction de la classe politique : "De notre point de vue, les mesures et le calendrier du Plan de réforme nationale de l'Italie ne contribueront sans doute guère à stimuler la performance économique de l'Italie, surtout dans un contexte de resserrement des conditions financières et en raison du programme d'austérité budgétaire du gouvernement", dit S&P.
Le Fonds monétaire international se montre plus pessimiste sur les chiffres de la croissance pour 2011 et 2012... Il a en effet revu en baisse sa prévision mondiale à 4,0% cette année et en 2012, contre 4,3% pour 2011 et 4,5% pour 2012 précédemment. Le FMI estime que l'Europe et les Etats-Unis risquent de replonger dans la récession l'an prochain à moins de s'attaquer rapidement à des problèmes économiques qui pourraient contaminer le reste du monde... D'après ses projections, "le PIB réel des pays avancés connaîtrait une expansion anémique d'environ 1,5 % en 2011 et 2 % en 2012, grâce au relâchement des forces qui ont temporairement freiné l'activité pendant la plus grande partie du deuxième trimestre de 2011". Le FMI table désormais sur une croissance de 1,5% en 2011 pour les Etats-Unis (contre 2,5% au mois de juin), puis de 1,9% en 2012. Même scénario pour la zone euro avec +1,6% en 2012 contre 2% en juin, puis une croissance attendue de 1,1% en 2012. Le FMI note par ailleurs que les perspectives de certaines puissances économiques émergentes sont devenues plus incertaines, avec toutefois une croissance évaluée à 6,4% cette année puis à 6,1% l'an prochain. La croissance de la Chine est également revue en baisse à 9,5% en 2011 et 9% en 2012, contre 9,6% et 9,5% respectivement annoncés en juin.
Selon le Département américain au Commerce ce mardi, les mises en chantier de logements aux États-Unis pour août 2011 se sont établies sur un rythme ajusté des variations saisonnières de 571.000 unités, en baisse de 5% par rapport aux données révisées de juillet et en repli de 5,8% sur un an. Les permis de construire se sont établis au rythme de 620.000 unités, en croissance quant à eux de 3,2% par rapport au mois antérieur et de 7,8% en comparaison d'août 2010. Le consensus des économistes de Wall Street était à 590.000 sur les mises en chantier et 600.000 pour les permis.
Selon Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), la situation financière de l'Espagne s'est considérablement améliorée, mais les responsables politiques doivent rester en alerte.
Sur le marché des changes, l'Euro se négocie 1,3680$. Le baril de brut est à 87,5$ pour le brut léger américain WTI, pour l'échéance de novembre.
VALEURS EN HAUSSE
* Zodiac Aerospace grimpe de 6,1%. Le groupe affiche une forte progression de 27,9% de son chiffre d'affaires pour son exercice 2010/2011 (septembre à août) à 2,75 Milliards d'Euros, sous l'effet d'une solide dynamique interne, renforcée par un environnement porteur et la contribution des croissances externes. A périmètre et taux de change constants la progression de l'activité ressort à +17,3% sur l'ensemble de l'exercice. Le consensus de place s'établissait à 2,696 Milliards d'Euros, soit une croissance de 26% en données publiées en glissement annuel, selon les données Bloomberg (fourchette de 2,59 à 2,746 MdsE). Le groupe visait pour sa part une croissance "supérieure à 20%", après avoir deux fois relevé son objectif. Sur la base de ce chiffre d'affaires, Zodiac Aerospace confirme son objectif d'une marge opérationnelle courante supérieure à 13% en 2010/2011. Le groupe publiera son résultat annuel 2010/2011 le 22 novembre 2011 et communiquera à cette occasion ses objectifs pour l'exercice 2011/2012.
* LVMH remonte de 3,6% après deux séances de baisse.
* Sanofi prend aussi 3,3% après un recul de 2% hier.
* Bureau Veritas monte de 2,9%. La société veut atteindre un chiffre d'affaires de 5 Milliards d'Euros à l'issue de l'année 2015, contre 2,93 MdsE en 2010. Le nouveau plan stratégique sur la période 2011/2015, dévoilé ce matin, doit aussi aboutir à un groupe de 80.000 personnes doté d'un bilan allégé et fort d'une marge opérationnelle plus élevée. Il a été baptisé "BV2015 : Moving forward with confidence" ("Progresser avec confiance"). Dans le détail, le spécialiste des tests, de la certification et du contrôle prévoit une croissance annuelle moyenne de 9 à 12%, les deux-tiers via les ressources internes (croissance organique) et le solde par acquisitions (croissance externe). La marge opérationnelle ajustée progresserait dans le même temps de 1 à 1,5 point, et le bénéfice net par action de 10 à 15% chaque année en moyenne. A l'horizon 2015, le ratio dette nette sur EBITDA se situera en-deçà de 1. Le précédent plan, qui s'étalait sur la période 2007/2011, est "en passe d'être rempli", indique la société. Il prévoyait un doublement du chiffre d'affaires à change constant, une amélioration de la marge opérationnelle de 1,5 point (pour la porter de 14,5 à 16%) et une croissance annuelle moyenne de 15 à 20% hors éléments non-récurrents.
* Aéroports de Paris prend 2,8%. L'opérateur aéroportuaire a publié un trafic d`août en hausse de 1,4% par rapport au mois d`août 2010, avec 8,4 millions de passagers accueillis, dont 5,9 millions à Paris-Charles de Gaulle (+1,1%) et 2,5 millions à Paris-Orly (+2,2%). Depuis le début de l`année 2011, le trafic de passagers croît de 6,1% comparé à la même période de l`année précédente.
* France Telecom gagne 1,8%. Le groupe aurait lancé cette semaine la vente de sa filiale Orange Suisse, selon le 'Financial Times', qui précise qu'un document a été transmis à une douzaine de prétendants potentiels, dont plusieurs fonds importants tels Carlyle, Bain Capital ou Apax. La cession pourrait rapporter quelque 1,5 Milliard d'Euros. L'opérateur français a renoncé au marché suisse après que le régulateur helvétique eut mis un veto au rapprochement entre Orange Suisse et Sunrise (Groupe TDC) en 2010, alors que les deux opérateurs avaient décidé de s'allier face à Swisscom. La COMCO estimait que ce duopole aurait été dangereux pour le consommateur. Après ce refus, TDC avait cédé Sunrise au fonds CVC Capital Partners.
Carrefour (+1,7%). D'après les informations du site 'La Tribune', Carrefour aurait l'intention d'ouvrir d'ici un an une épicerie fine de 3.500 mètres carrés place de la Madeleine, à Paris dans le 8ème arrondissement. Le Groupe aurait donc envie de faire ses premiers pas dans l'alimentation "haut de gamme". Le magasin, qui devrait porter le nom : "Les Halles de la Madeleine", aura pour voisins deux grands noms de la gastronomie française : Fauchon et Hediard. Le magasin "Les Halles de la Madeleine" devrait s'installer au rez-de-chaussée de l'immeuble Palacio aujourd'hui occupé par des parkings.
VALEURS EN BAISSE
* Belvédère plonge de 35%. Le feuilleton judiciaire continue pour Belvédère, qui a été placé en redressement par le Tribunal de Commerce de Nîmes. Les dirigeants espéraient une nouvelle procédure de sauvegarde, après que la première eut été annulée par le Tribunal de Commerce de Dijon, jugeant que la société n'avait pas respecté ses engagements. Entretemps, Belvédère avait déménagé de Côte d'Or (Beaune) vers le Gard, où siège sa filiale Moncigale. La décision change profondément la donne pour l'entreprise, puisque la procédure de sauvegarde est destinée à accompagner une société qui n'est pas en cessation de paiement, en gelant ses dettes pour notamment lui donner le temps de négocier avec ses créanciers. Le redressement fait suite à la cessation de paiements...
* Manitou recule de 7,6%. Au 1er semestre 2011, la société a réalisé 562 Millions d'Euros de chiffre d'affaires, en progression de 45% en glissement annuel, pour un résultat opérationnel qui s'établit à 25,3 ME (-7,3 ME un an avant) et un résultat net après impôt bénéficiaire de 15 ME par rapport à -14 ME précédemment. Au terme du semestre, la dette nette de Manitou ressort à 92 ME. Le ratio de gearing de 24%, reflétant l'impact favorable de la fusion avec la SFERT. Manitou estime son chiffre d'affaires du second semestre 2011 sécurisé par son carnet de commandes. Il reste néanmoins exposé aux risques de retards fournisseurs. Le chiffre d'affaires du second semestre devrait être très proche de celui du premier. Manitou confirme le maintien de ses perspectives 2011 avec une croissance de 30% en année pleine et une marge opérationnelle de 4 à 5%. Le management précise néanmoins : "La performance opérationnelle dépendra essentiellement des retards fournisseurs et des progrès enregistrés sur certains sujets techniques, mais aussi du climat économique mondial qui impacte directement la confiance des utilisateurs dans la mise en oeuvre de leurs plans d'investissement".
* Areva redonne aussi 5,3% après son envolée de 13% hier.
* Société Générale chute de 3% après la dégradation de la note crédit de l'Italie par l'agence S&P. Les rumeurs continuent de tourner autour des banques françaises, très exposées à la crise de la dette européenne... Ainsi, ce matin, le 'Financial Times' affirme que le géant industriel allemand Siemens aurait retiré il y a deux semaines plus de 500 Millions d'Euros d'une banque française pour placer ces sommes directement auprès de la BCE. La banque française en question n'est pas nommée par le 'FT', qui cite une source écartant la possibilité que ce soit BNP Paribas. Au total, Siemens, qui semble donc s'attendre à de grosses turbulences dans la zone Euro, aurait placé directement entre 4 et 6 Milliards d'Euros à la BCE, l'essentiel sous la forme de certificats de dépôts à une semaine, poursuit le 'FT'. Rappelons que seule une poignée de grandes entreprises européennes ont la faculté de déposer leurs cash directement à la banque centrale. Dans le cas de Siemens, le groupe a annoncé récemment son intention de créer sa propre banque pour se protéger des aléas des marchés en période de crise financière... Autre information : une importante banque d'Etat chinoise aurait cessé ses opérations sur devises avec plusieurs établissements européens, dont la Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole, affirment des sources citées ce matin par l'agence 'Reuters'. Les opérations de "forward" et de "swap" sur devises étrangères avec ces banques ont été interdites en raison des risques de marché croissants liés à la crise de la dette publique en Europe. Seules les opérations au comptant ("spot") resteraient autorisées... Dans le secteur Crédit Agricole chute aussi de 2,3% avec Natixis (-2%) ou encore BNP Paribas (-6,5%) et Axa (-2,4%).
D.M. - ©2011, 2012 www.boursier.com

