Breton défend la fusion GDF/Suez, rappelle les affres de France Télécom
PARIS, 6 juil 2006 (AFP) - Le ministre français des Finances Thierry Breton a défendu jeudi lors d'une conférence de presse le projet de fusion des groupes Suez et Gaz de France, soulignant que le secteur énergétique faisait face à une situation "similaire" à celle des télécoms il y a quelques années. "On rentre dans un jeu de concentration très fort un peu similaire au jeu des concentrations (dans les télécoms à l'époque), dans sa violence et dans son ampleur", selon lui. Le ministre, ancien PDG de France Télécom, a rappelé que ce groupe avait été "contraint" d'investir massivement "en cash" quelque 44 milliards d'euros dans la téléphonie mobile (le rachat d'Orange en mai 2000), ce qui l'a énormément desservi par la suite, faute de pouvoir procéder par échanges d'actions comme le prévoit la fusion Suez-Gaz de France. "On sait ce qu'il en est devenu derrière: cela a mis France Télécom dans une situation catastrophique, périlleuse, en quasi-dépôt de bilan, avec 70 milliards d'euros de dette", d'où une "destruction de valeur considérable", finalement "payée par les contribuables", a-t-il rappelé. "Aujourd'hui, je vis la même chose, avec Gaz de France", a-t-il dit, insistant sur la nécessité d'"expliquer" cette situation. "J'ai déjà vécu ce que ça veut dire pour les salariés, pour les clients, pour l'entreprise, pour les actionnaires. C'est mon devoir de mener ce combat de la pédagogie", a-t-il dit, remarquant par ailleurs que Gaz de France "est un acteur de beaucoup plus petite taille que ne l'était France Télécom à l'époque". "La question qu'il faudra se poser à la rentrée dans le cadre de la session extraordinaire (du Parlement, ndlr) c'est de savoir si nous souhaitons que Gaz de France essaie de participer avec sa structure capitalistique actuelle dans ce jeu des concentrations", a-t-il souligné. Cette fusion est "aujourd'hui le meilleur projet", a-t-il insisté. "Je suis sûr qu'il donne à Gaz de France et aussi à Suez une formidable dynamique", a-t-il souligné. Et si le Parlement votait finalement contre, "j'aurais fait ce que j'ai pu", a-t-il lancé. M. Breton a indiqué que l'intervention du groupe italien Enel (qui souhaitait s'emparer de Suez) avait provoqué une "prise de conscience" en France en permettant de "mettre en évidence la nécessité de bouger" dans ce secteur. Il a reconnu avoit été "étonné (de voir) qu'il y a des jeux qui pouvaient être hostiles" étant donnée l'"excellence" des relations qu'il entretenait avec les responsables italiens depuis l'entrée d'Enel sur le marché français. Il a toutefois souligné comprendre "que Enel a la même problématique à notre niveau que Gaz de France", ainsi que d'autres groupes européens. L'envolée des cours du pétrole, qui risque durer "sans soute longtemps, peut-être même toujours", a également joué un rôle dans cette prise de conscience, a-t-il dit. GDF SUEZ ENEL FRANCE TELECOM ORANGE ahe/ft