De nombreuses sociétés du CAC 40 vont devoir déprécier leurs écarts d'acquisition (les echos)
La baisse des marchés et le ralentissement économique devraient inciter d'autres entreprises à effacer une partie de leur « goodwill ».
Le sujet des « goodwills » est loin de se cantonner à Lagardère. En raison de la baisse des marchés boursiers et du ralentissement économique, nombreuses sont les grandes entreprises françaises qui vont devoir passer des charges pour déprécier leurs écarts d'acquisition, ou « goodwills ». Une notion qui reflète, en cas de rachat d'une société, la différence entre le prix d'acquisition et la valeur comptable des actifs et passifs acquis.
La banque en première ligne
Au total, les groupes du CAC 40 portaient dans leurs bilans 337 milliards d'euros de « goodwills » fin 2010, les montants les plus importants étant pour Sanofi (31,9 milliards), France Télécom (29 milliards), GDF Suez (27,6 milliards) et Vivendi (25,3 milliards), selon les données du cabinet Ricol Lasteyrie. Cela représentait à ce moment-là, pour l'ensemble des groupes de l'indice vedette français, 43 % de la valeur totale de leurs actifs et 33 % de leur capitalisation boursière.
Des proportions relativement élevées par rapport aux autres entreprises européennes. Globalement, les groupes français ont en effet mené des stratégies plus actives en matière de croissance externe aux cours des dernières années, qui ont généré des « goodwills » importants.
« Des dépréciations ont déjà été faites, d'autres viendront mais pas sur la totalité bien sûr des "goodwills" pour le CAC 40 ; le constat est en effet global, mais une analyse fine réalisée au niveau de chaque groupe mettrait en évidence des réalités variées », précise Pascal Quiry, banquier spécialiste de la finance d'entreprise, coauteur de l'ouvrage « Vernimmen ». L'ampleur des dépréciations dépend étroitement des perspectives de croissance et de marge des sociétés.
Pour les mois qui viennent, la banque et, dans une moindre mesure, l'assurance semblent en première ligne. Les secteurs cycliques, comme la construction, sont aussi parmi les plus concernés, de même que l'énergie ou les services aux collectivités. Les dépréciations de « goodwill » ont un impact négatif sur le résultat net et elles ne peuvent pas être reprises lorsque la situation s'améliore.
Pour donner du grain à moudre a l'indécrotable Bear que tu es :
Les entreprises face au risque retraite : l'étude d'AlphaValue
http://www.lesechos.fr/entreprises-s ..... aite-l-etude-d-alphavalue-278683.php
Les comptes piégés des grands groupes
http://www.lesechos.fr/opinions/anal ..... rises-l-heure-des-comptes-285872.php
Tu regarde les goowills occultant peut être le principal :
Bien que les sommes en jeu ne soient pas négligeables, la méfiance des investisseurs à l'égard des actions intègre en partie ce risque. Un quart des sociétés suivies par AlphaValue capitalisent en effet en Bourse moins que leur valeur à la casse. Et s'ils actent une réelle destruction de valeur, ces nettoyages, qu'un ex-patron célèbre qualifia un jour de « comptables », n'affectent pas le cash des entreprises, plus que jamais le nerf de la guerre avec la raréfaction du crédit bancaire. Il n'en va pas de même avec une autre épée de Damoclès qui ne pèse pas que sur les comptes de la Nation, celle des retraites.
Leur internationalisation a fait entrer un nombre croissant d'entreprises françaises dans une problématique réservée jusque-là aux anglo-saxonnes, qui abondent les fonds de pension de leurs salariés. Prendre en compte des taux d'intérêt un peu plus réalistes et des rendements en berne ferait apparaître un trou plus grave de 180 milliards que celui reconnu par les sociétés européennes dans leurs livres (soit 476 milliards au total), d'après une étude d'AlphaValue datant de novembre dernier. Appliqués à Air France-KLM et ses retraites néerlandaises, ces calculs alourdissent sa dette de 5,7 milliards d'euros pour la porter à 17,4 milliards, dix fois son poids boursier ! Ils ne sont guère plus rassurants pour Alcatel-Lucent (74 % de la capitalisation à fin novembre), Atos (56 %) ou Michelin (25 %). Entre le dividende des actionnaires et l'abondement des pensions, certains devront un jour trancher un choix cornélien.
Message édité Le 08/02/2012 à 14h58