Dans une interview à paraître dans "Le Figaro Magazine" de samedi, le colonel Gomez, l'un des principaux organisateurs de ces libérations, précise que Paris n'était, à sa connaissance, pas informé de cette opération qu'il qualifie de "triple coup dur" pour les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie)".
"le président Alvaro Uribe a donné son feu vert à 6h00 du matin (mercredi): "L'opération a démarré environ une heure après. Au final, elle a duré moins de cinq minutes, sans un échange de tirs. Nous avions infiltré les communications des FARC".
"Nous avions réussi à faire croire aux preneurs d'otages que d'autres guérilleros allaient venir récupérer les otages pour les transférer ailleurs, sur ordre d'Alfonso Cano (le nouveau chef des Farc, ndlr). Une fois que le faux message avait été envoyé, il fallait agir vite pour éviter qu'ils se méfient. ...). On a rapidement repeint un hélicoptère de l'armée en blanc, pour faire croire qu'il s'agissait d'un hélicoptère civil. Les soldats qui étaient à bord étaient déguisés en guérilleros avec des tee-shirts civils, et des polos à l'effigie de Che Guevara. Ils avaient même des fusils AK-47, des armes typiques de la guérilla et pas de l'armée colombienne. Au total, pilote et copilote compris, neuf personnes ont participé à l'opération de libération".
Le colonel Gomez précise que l'armée colombienne avait localisé les otages depuis "environ quatre mois": "Nous disposions de renseignements techniques et aussi d'informations obtenues par des 'infiltrés'. Environ 200 soldats étaient impliqués et certains ont pu s'approcher très près de la zone où se trouvaient les otages sans être repérés. En avril, ils étaient plus ou moins localisés. Début mai, des soldats ont même vu deux des otages américains, et deux des Colombiens qui se lavaient dans la rivière, mais on n'a pas voulu tenter une libération pour ne pas mettre en danger la vie des autres. Ils n'étaient pas ensemble, ils avaient été regroupés en raison de la fausse information que nous avions fait circuler à travers leurs ondes radio, faisant croire que le bureau politique voulait leur transfert en lieu plus sûr, plus profond dans la jungle", précise encore le colonel Gomez.
message édité le 03/07/2008 à 09h53