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Marché US07/10/2008 à 20h00 - Soyez le premier à réagir à cet article !

Wall Street : Bernanke parle, les marchés plongent

(Boursier.com) -- Wall Street, qui avait bien résisté en première partie de séance à l'annonce de plans de la Fed pour le rachat de billets de trésorerie et dettes de court terme, plonge de nouveau ce soir. Les commentaires économiques de Ben Bernanke enfoncent donc les indices. Le Dow Jones chute de 3,22% à 9.635 pts et le Nasdaq Composite de 4,08% à 1.787 pts.

Dans une intervention du jour, le Président de la Fed Ben Bernanke a une fois encore dressé un portrait peu rassurant de l'économie américaine actuelle. Les perspectives de croissance se seraient par ailleurs encore détériorées, selon les remarques du Président de la Fed à la National Association of Business Economics. L'activité aux États-Unis devrait rester sous pression pour le reste de l'année et l'an prochain. La tourmente financière pourrait par ailleurs prolonger la période de faiblesse économique et augmenter les fameux "risques sur la croissance" (comprendre risques de récession dans le langage de la Fed).

Ainsi, Bernanke juge que la crise financière devrait impacter encore sur l'économie US, et semble ouvrir la voie à une prochaine baisse de taux au plus tard le 29 octobre, date de la future réunion monétaire régulière de la Fed. Bernanke précise en effet qu'il faudra considérer la posture actuelle de politique monétaire. Il s'agirait donc d'étudier si le maintien du statu quo monétaire est encore approprié compte tenu des répercussions de la crise. Autrement dit, Bernanke insinue que la Fed pourrait baisser ses taux prochainement, depuis un niveau actuellement logé à 2%.

En attendant, la Fed a confirmé son intervention massive sur le marché quasi-gelé des papiers commerciaux. La Banque Centrale US va mettre en place un véhicule dédié au rachat de dettes court terme non-garanties à trois mois et de papiers commerciaux adossés à des actifs. D'après la Fed, l'administration américaine a jugé la décision nécessaire et soutiendra donc la Banque Centrale dans son oeuvre sur ce marché fragilisé. "Cette facilité devrait encourager les investisseurs à s'engager de nouveau à des prêts à terme sur le marché des papiers commerciaux", a expliqué la Fed. La facilité offerte devrait être fermée en avril 2009, à moins que la Fed ne décide de prolonger cette action.

La Fed américaine a annoncé ce mardi avoir prêté plus de 138 Mds$ aux établissements bancaires dans le cadre de sa "Term Auction Facility". La première enchère de ce type avait permis aux banques de récupérer des prêts de 150 Mds$. 71 banques ont participé à la dernière enchère de la Fed. Les prêts portent un intérêt de 1,39%. La Fed a aussi annoncé qu'elle allait offrir 150 Mds$ en prêts à un et trois mois, à travers six enchères d'ici la fin de l'année.20

VALEURS DU JOUR

Citigroup (-8%). Selon un bref communiqué publié après la clôture lundi, Citigroup, Wachovia et Wells Fargo, en consultation avec la Fed américaine, annoncent mettre un terme immédiatement à toute activité formelle de litiges les opposant, et ce jusqu'à midi le mercredi 8 octobre, à moins d'une extension. Les trois acteurs bancaires américains doivent aussi faire tout leur possible pour préserver ce statu quo durant la période que l'on pourrait qualifier de "cessez-le-feu". Les marchés, de leur côté, anticipent qu'après l'offre de reprise des actifs bancaires de Wachovia par Citi, puis l'OPA amicale de Wells Fargo sur Wachovia dans sa totalité, les trois intervenants s'accordent sur un partage de Wachovia entre Citi et Wells. Plus tôt dans la journée hier, Citigroup avait précisé une plainte contre Wells Fargo et Wachovia, ainsi que leurs administrateurs. Citi réclamait alors plus de 60 Mds$ de dommages compensatoires et punitifs à Wells Fargo pour avoir interféré dans la transaction Citi / Wachovia.

Alcoa (-2%). La saison des publications financières trimestrielles débute doucement cette semaine. Ce mardi à Wall Street, on suivra tout d'abord les résultats du géant de l'aluminium Alcoa. Alcoa qui aura fort à faire pour convaincre ce soir (après la clôture), alors que son cours de bourse a inscrit hier à Wall Street un plancher de séance de 16,7$, qui constitue un plus bas depuis... 1998.

Bank of America (-19%). La banque de Charlotte, Caroline du Nord, souffre en bourse ce mardi. Hier soir, après la clôture de Wall Street, BofA a annoncé un résultat net du 3ème trimestre 2008 de 1,18 Md$, soit 15 cents par titre, contre un bénéfice net de 3,7 Mds$ et 82 cents par titre l'an passé, à la même époque. Par ailleurs, en marge de ces comptes sans relief, la banque a aussi annoncé deux initiatives destinées à lever des capitaux, le Groupe visant un ratio de capital Tier 1 de 8%. BofA entend céder des titres ordinaires avec l'objectif de lever 10 Mds$. En outre, le Conseil d'administration a déclaré un dividende trimestriel réduit de 32 cents par titre payable le 26 décembre 2008 aux actionnaires enregistrés le 5 décembre 2008. Le dividende était précédemment de 64 cents par trimestre. Cette compression du dividende doit ajouter plus de 1,4 Md$ de capitaux chaque année.

Bank of America. "Ce sont les temps les plus difficiles pour les institutions financières que j'ai connus durant mes 39 ans de banque", ajoute Kenneth D. Lewis, Chairman et chief executive officer de BofA. "Nous pensons qu'il est prudent de lever des capitaux à des niveaux très substantiels dans cet environnement incertain. Les conditions des marchés économiques et financiers ont changé significativement au cours des deux derniers mois.... Nous pensons maintenant qu'il est important d'être proche ou sur notre objectif de ratio de capital Tier 1 de 8% compte tenu des conditions récessionnistes et des perspectives de performance économique encore plus faibles, dont nous pensons qu'elles devraient provoquer des pertes de crédit accrues et des bénéfices déprimés". Le PDG juge que ces mesures permettront au Groupe d'attirer clients et entreprises grâce à sa "solidité" et sa "stabilité".

Bank of America. Concernant la baisse du dividende, Lewis dit savoir que nombre d'investisseurs sont assez déçus. L'objectif de BofA est de reprendre les augmentations de dividendes depuis le nouveau niveau de distribution dès que les performances bénéficiaires le mériteront. La baisse des profits au 3ème trimestre a été tirée par une augmentation importante des dépenses de provisions, alors que les coûts du crédit continuent d'augmenter. Bank of America dit par ailleurs voir son nombre de clients augmenter, comme le montant de leurs dépôts et crédits. Enfin, BofA note des progrès dans la banque d'investissement. Les dépôts retail de BofA se sont appréciés de 56 Mds$, à 586 Mds$, de juin à septembre, avec +35 Mds$ provenant de l'acquisition de Countrywide. Les revenus trimestriels totaux, nets de dépenses d'intérêts, ont augmenté de 21% à 19,9 Mds$, en comparaison de l'an passé.

AMD (+16%) a confirmé les rumeurs ce mardi, dévoilant des plans de séparation de ses activités de production, qui seront scindées et intégrées dans la nouvelle joint venture "Foundry Co". La JV réunit AMD et une firme d'investissement d'Abou Dhabi. AMD détiendra 44,4% du nouvel ensemble manufacturier et ATIC (Advanced Technology Investment), la firme des Émirats, 55,6%. Les sites de production d'AMD sont compris dans la transaction, avec les usines de Dresde en Allemagne. Des droits de propriété intellectuelle et d'autres actifs sont aussi apportés à la JV. ATIC déboursera 2,1 Mds$ pour financer sa participation au sein de la joint venture (dont 1,4 Md$ directement injectés dans la nouvelle entité et le reste payés à AMD). Foundry qui portera aussi une dette d'AMD de 1,2 Md$. Sur une période de cinq années, ATIC s'engage par ailleurs à rajouter entre 3,6 Mds$ et 6 Mds$ d'investissement pour renforcer la capacité de production de semi-conducteurs de Foundry. Enfin, Mubadala Development, firme d'Abou Dhabi ici encore, a accepté de porter sa participation au capital d'AMD de 8,1% à 19,3%.

AMD estime ainsi se renforcer financièrement tout en débloquant la valeur de ses actifs manufacturiers. "The Foundry Company" doit construire à mi-2009 une nouvelle unité de production à la pointe de la technologie à New York, créant plus de 1.400 emplois directs (et générant à terme 5.000 postes dans la région), et étendre l'unité manufacturière existante de Dresde. IBM, de son côté, a souhaité la bienvenue à The Foundry Company au sein de l'IBM Alliance (alliance SOI & technologies du silicone). Le Conseil d'administration de Foundry Co sera divisé de manière égale entre représentants d'AMD et responsables d'ATIC. Doug Grose, actuel senior vice president of manufacturing operations d'AMD, deviendra chief executive officer de The Foundry Company, alors qu'Hector Ruiz, executive chairman & Chairman of the board d'AMD, deviendra Chairman de The Foundry Co. La nouvelle entité sera basée dans la Silicon Valley, et ses équipes de direction de R&D et production seront logées à New York, Dresde et Austin. Mubadala va payer 314 M$ pour 58 millions de nouvelles actions AMD et des options sur 30 millions d'autres titres. Mubadala disposait de 8,1% du capital d'AMD, et augmentera donc ses parts à 19,3%. L'investisseur aura aussi le droit de désigner un administrateur.

JN.L. - ©2008 www.boursier.com

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