07/05/2008Entretien avec Michel Picault
Président du Directoire de Riber«Nous avons pris des mesures de réorganisation dont les effets seront visibles dès cette année»- Boursier.com : Pouvez-vous nous rappeler à qui s'adressent les machines que vous fabriquez ?
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M.P. : Riber conçoit et fabrique des machines d'épitaxie destinées à l'industrie des alliages semi-conducteurs. Ces équipements de haute technologie sont essentiels pour la fabrication des matériaux semi-conducteurs composés, à l'origine de nombreuses applications grand public, notamment pour la majorité des nouvelles Technologies de l'Information. En complément de ces machines, Riber propose aussi une large palette de composants...
- Boursier.com : La lecture de votre CA 2007 montrait un repli des machines de production et composants, mais une hausse des machines de recherche. Pouvez-vous nous expliquer les tendances du marché actuel ?
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M.P. : Fin 2007, le chiffre d'affaires du groupe s'établissait à 17 ME, en baisse de 15%. Ce repli provenait effectivement d'une baisse des livraisons de machines de production (3 livrées sur l'exercice contre 5 sur l'exercice précédent), ainsi que d'un repli de 22% des ventes de composants et accessoires due à une activité réduite de rééquipement de machines. Les ventes de machines de recherche, quant à elles, ont progressé de 3,1 ME, ce qui correspond à un bond de 61%.
- Boursier.com : Vous avez fait part dans le même temps d'une marge brute en forte baisse...
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M.P. : La marge brute est ressortie à 1,2 ME contre 6,5 ME au 31 décembre 2006. Cette baisse résulte essentiellement de l'impact des dotations aux provisions pour dépréciation des stocks qui se sont élevées à 2,2 ME en 2007 contre des reprises de provisions de 3,5 ME au cours de l'exercice précédent... Avant la prise en compte des variations de provisions pour dépréciation des stocks, il est à souligner que le taux de marge brute s'établirait à 20% du chiffre d'affaires à comparer à 15% du chiffre d'affaires en 2006.
- Boursier.com : Pouvez-vous nous détailler les provisions qui ont été passées dans les comptes ?
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M.P. : Une analyse approfondie des risques a entraîné une actualisation des dotations aux provisions pour un montant de 3,6 ME, portant sur un contrat de recherche commun avec un organisme extérieur, des litiges clients et des écarts d'acquisition... Je tiens à souligner que les charges commerciales et administratives sont restées stables par rapport à l'exercice précédent... A l'arrivée, le résultat net consolidé est ressorti en perte de 9,7 ME, dont 5,3 ME de dotations aux provisions. En 2006, je rappelle qu'un profit de 10,4 ME avait été constaté, incluant un produit net de 10,6 ME dégagé par la cession immobilière liée à notre départ du site de Rueil-Malmaison.
- Boursier.com : Vous insistez sur les efforts réalisés en interne fin 2007...
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M.P. : Tout à fait. Riber a engagé un important plan de restructuration pour améliorer sa qualité et réduire ses coûts. La mise en oeuvre de ce plan, ainsi que l'encaissement des facturations importantes du dernier trimestre 2007, permettront de renforcer la trésorerie au cours de l'exercice. Nous avons pris des mesures de réorganisation avec l'aide d'un consultant externe. Cela va nous rendre encore plus efficaces commercialement et plus réactifs. Les effets seront visibles dès cette année.
- Boursier.com : Quel est l'impact de la crise financière sur la marche de vos affaires ?
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M.P. : Le marché des semi-conducteurs composés et de la technologie MBE ne semble pas vraiment affecté par la crise financière actuelle. Nous ne voyons pas de conséquences sur les prises de commandes. On reste plutôt en croissance sur le nombre de prospects... Nous ne sommes pas inquiets sur le devenir du marché. Nous évoluons sur un marché de niche piloté avant tout par la technologie.
- Boursier.com : L'évolution de la conjoncture aux Etats-Unis ne vous inquiète pas ?
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M.P. : Les budgets recherche sont déjà alloués. Le problème se situe plus dans les délais. Les contrats sont déjà acquis, mais le timing est difficile à maîtriser.
- Boursier.com : En termes financiers où en êtes-vous exactement ?
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M.P. : Notre trésorerie s'élevait à 2,5 ME au 31 décembre 2007, contre 5,2 ME à la clôture de l'exercice précédent. Cette baisse est due à la perte d'exploitation ainsi qu'à la facturation très importante concentrée sur la fin de l'exercice. La clôture des opérations de cession immobilière a donné lieu à un flux net positif de trésorerie de 3 ME. Sans aucune commande nouvelle, cela veut dire que l'on peut tenir jusqu'à mi-2009.
- Boursier.com : Quels sont vos objectifs cette année ?
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M.P. : Compte tenu du carnet de commandes de 5,4 ME et des nombreuses négociations commerciales en cours en Europe, sur les zones Amériques et en Asie, Riber maintient son objectif de chiffre d'affaires de 18 ME. Une prévision de chiffre d'affaires actualisée sera communiquée de façon plus précise en juin prochain.
Didier Hameau
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