Gestion : les doutes d'une grande maison de gestion sur la tendance boursière
(Boursier.com) -- Chez Cardif AM on s'interroge : La question qui se pose aujourd'hui est celle du potentiel subsistant des bourses. Celles-ci ont bénéficié de trois moteurs spécifiques en mai : macroéconomie, microéconomie et opérations capitalistiques.
Un sentiment s'est répandu sur les marchés : celui que le ralentissement économique américain était sans doute à son maximum et que la perspective d'une récession, telle qu'évoquée quelques semaines plus tôt par Alan Greenspan, n'était plus à l'ordre du jour. Ainsi, les indicateurs économiques avancés récents militent pour une stabilisation voire une amélioration prochaine de la conjoncture. A suivre...
En Europe, le raffermissement est également constaté. Dans ce contexte, alors que les prévisions de résultats des entreprises s'inscrivaient très en retrait par rapport aux précédents trimestres, il s'est avéré que les sociétés ont une fois de plus affiché une croissance des bénéfices supérieure aux attentes. Ce qui confirme que les sociétés cotées profitent toujours pleinement de la croissance mondiale, et ce, de manière désormais régulière.
La croissance des résultats a approché les 9% au premier trimestre alors que les anticipations s'inscrivaient bien en dessous de 5%. En Europe, les résultats sont également de très bonne facture et l'on ne décèle pas d'inquiétude particulière dans les propos des dirigeants pour les prochains mois, au contraire. Enfin, les opérations de fusions et d'acquisitions continuent à aller bon train, à l'instar du dernier rapprochement observé dans le secteur bancaire italien. Ces opérations contribuent à entretenir l'intérêt des investisseurs pour les marchés boursiers.
D'autant qu'en dépit du ralentissement économique aux Etats-Unis et du resserrement monétaire effectué par les banques centrales, la liquidité globale reste conséquente et constitue également un solide facteur de soutien.
Il reste que depuis les points bas de la mi-mars, le rebond a été très violent en Europe (+15.56% pour le CAC). Il s'est réalisé de manière beaucoup plus modéré aux Etats-Unis (+9.87% pour le S&P). Le marché risque à présent d'éprouver le besoin de souffler un peu, a fortiori en l'absence de "carburant". En effet, la publication des résultats passée, les gérants vont devoir chercher d'autres sources d'inspiration.
Rappelons également que la période estivale est historiquement plutôt défavorable aux bourses, si l'on examine les performances de celles-ci depuis 1970. C'est pourquoi une consolidation n'est pas impossible en Europe où les choses sont allées très vite. Les places boursières affichent globalement, en effet, depuis début janvier, la progression qui était prévue pour l'ensemble de l'année. Toutefois, nous pensons que d'ici la fin de notre période d'observation, par défaut au moins, les marchés d'actions pourraient continuer à progresser un peu plus outre-Atlantique
En résumé, le constat que l'on peut faire vaut pour les deux côtés de l'atlantique : poursuite des opérations capitalistiques, excellente santé financière des entreprises cotées dans un contexte conjoncturel mondial toujours porteur et de valorisations boursières contenues, contribuent à conforter l'attrait des marchés d'actions.








