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Interview
le Docteur Jean-Claude Marian09/05/2008

Entretien avec le Docteur Jean-Claude Marian

Président directeur général d'Orpea«Pour 2008, nous visons 665 ME de chiffre d'affaires. Et dans le passé nous avons réussi à faire un peu mieux que nos prévisions.»
Boursier.com : Pouvez-vous préciser quels sont les moteurs de croissance sur vos marchés ?
J-C.M. : Nous avons la chance d'être sur un secteur extrêmement porteur puisque fondamentalement la croissance est animée par l'augmentation des personnes de plus de 85 ans. Notre métier principal consiste à gérer des maisons de retraite avec une clientèle dont la moyenne d'âge est de 86 ans. Or, les statistiques montrent que cette population va augmenter de 80% dans les 10 ans qui viennent. On va ainsi passer d'1,1 million de personnes à 1,8 million. C'est aspect nous permet d'avoir une croissance forte. En ce qui concerne les cliniques de soins de suite et de rééducation fonctionnelle, le facteur de croissance réside dans la baisse de la durée moyenne de court séjour en chirurgie et en médecine. Les gens sortent donc plus tôt qu'avant et ils ont de plus en plus besoin d'aller dans des établissements dit de moyen séjour. Par conséquent, dans tous nos secteurs d'activité nous avons une très forte croissance des besoins et donc une croissance de notre activité.
Boursier.com : Le secteur privé commercial ne représente que 20% des lits sur votre marché. Pourquoi cette part est-elle appelée à progresser à l'avenir ?
J-C.M. : Effectivement, il se trouve que 55% des lits sont des lits publics, 25% sont des lits associatifs. Dans l'avenir, le secteur public va probablement se développer moins que ce que représente son pourcentage actuel pour des raisons évidentes de financement... la collectivité nationale ayant beaucoup de besoins, dans l'éducation par exemple. Il y a donc peu de financements disponibles pour faire de nouveaux établissements pour des personnes âgées. Le secteur associatif se développe moins aussi. Donc nous pensons que dans les deux années qui viennent, environ 60% des lits crées en maison de retraite le seront par le secteur privé. Dans le secteur privé, il y a environ 5 groupes qui ont plus de 5.000 lits, une quinzaine de groupes ont entre 500 et 4.000 lits, et viennent ensuite les établissements indépendants. Au final, ces nouvelles autorisations dans le secteur commercial seront probablement attribuées aux 20 ou 30 groupes les plus importants en France. Pourquoi ? Parce que les autorités de tutelle considèrent que statistiquement ces groupes ont de meilleures probabilités d'avoir des normes organisées, des services centraux qui fonctionnent...
Boursier.com : Quelle la position d'Orpea par rapport à ses principaux concurrents ?
J-C.M. : Nous sommes numéro 2 en nombre de lits. Nous avons 22.000 lits existants ou potentiels. C'est à peu de chose près le même nombre que Korian, le leader du marché. Ce nombre comprend les lits que nous avons en France et à l'étranger. Nous avons des établissements en Italie, en Espagne et en Belgique.
Boursier.com : Du fait de la crise financière, les fonds d'investissement sont-ils moins présents sur ce marché ? Et par conséquent, les prix d'acquisition des cliniques sont-ils orientés à la baisse ?
J-C.M. : Je ne note pas de changement majeur dans les prix, ces établissements gardent une certaine valeur compte tenu de leur rareté. En revanche, nous constatons que Groupama vient de prendre 5% du capital du Noble âge, la MACSF a pris 5% du capital de Korian. Donc les institutionnels continuent d'investir dans ce secteur car c'est un secteur de besoin et ils ont une vision à long terme.
Boursier.com : Les chiffres 2007 d'Orpea correspondent-ils à vos attentes initiales ?
J-C.M. : Nous avons même dépassé les attentes car nous étions partis avec un objectif de 520 ME et nous avons finalement réalisé un chiffre d'affaires de 545 ME. Pour 2008, nous visons 665 ME de chiffre d'affaires. Et dans le passé nous avons réussi à faire un peu mieux que nos prévisions. Nous pouvons donc espérer, peut être, avoir un objectif encore un peu supérieur.
Boursier.com : En termes de profitabilité, l'année 2008 sera-t-elle aussi favorable que 2007 ?
J-C.M. : Oui. Nous devrions maintenir un niveau de marge opérationnelle similaire. Notre rentabilité est un mélange d'établissements qui sont à maturité avec des marges importantes et d'établissements aux marges plus faibles voire négatives. Quand nous ouvrons un établissement, il y a une perte d'exploitation la première année. D'autre part, nous avons 7.000 lits qui sont en restructuration et en construction donc nous supportons les frais financiers soit 350 ME. Cela pèse sur la rentabilité mais c'est le gage de croissance et rentabilité future.
Boursier.com : En vitesse de croisière, un établissement à l'étranger est-il aussi rentable qu'un établissement en France ?
J-C.M. : Absolument. Par exemple, en Espagne et en Italie, nous avons constaté que la majorité des établissements ont des chambres à deux lits. Il y a clairement maintenant une demande pour des chambres à un lit avec un prix de journée plus élevé. Nous allons avoir très vite une rentabilité similaire.
Boursier.com : Pouvez-vous préciser l'intérêt d'externaliser la valeur du parc immobilier ou d'associer des partenaires ?
J-C.M. : Orpea a toujours eu la politique de céder une partie de son immobilier. Nous sommes propriétaires d'environ 50% de notre immobilier. Nous allons utiliser un véhicule spécifique, l'OPCI ou Organisme de Placement Collectif Immobilier. Il bénéficie d'une fiscalité réduite puisque si la société distribue ses profits, 85% du bénéfice de la société est distribuée en franchise d'impôts. Nous resterons majoritaires de cette structure. L'objectif d'Orpea est toujours d'être pro actif c'est-à-dire de réfléchir à ce que nous pouvons faire pour garder une souplesse financière, et pouvoir être en mesure de saisir une opportunité exceptionnelle.

Christophe Voisin
©2008 www.boursier.com

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