Clôture Wall Street : Nasdaq +2,28%; Dow Jones +1,36%
(Boursier.com) -- Wall Street s'affirmait finalement en vive hausse en fin de journée ce mardi, profitant de la vive décrue des prix du pétrole. Dans le secteur financier, les derniers commentaires d'IndyMac pesaient pourtant encore sur le segment mortgage. Notons que la saison des publications trimestrielles débute ce soir sur le Dow Jones, avec Alcoa, avant General Electric vendredi... Le Nasdaq gagnait finalement 2,28% à 2.294 pts, alors que le DJIA bondissait de 1,36% à 11.384 pts.
Dans une intervention du jour, le Président de la Banque Centrale américaine Ben Bernanke a expliqué que le Congrès des États-Unis se devait de donner à la Fed des pouvoirs accrus afin de lutter contre les perturbations sur les marchés financiers, et d'en modérer l'impact économique. La Fed prévoit aussi d'étendre ses crédits d'urgence à l'industrie brokerage. Les facilités offertes aux brokers & dealers seraient donc prolongées en 2009 afin de stabiliser le marché.
La NAR (National Association of Realtors) américaine a publié ce mardi son indicateur relatif aux promesses de ventes de logements, aux États-Unis, pour le mois de mai 2008. L'indice PHSI a chuté de 4,7% à 84,7, sur la base des contrats signés en mai, contre un niveau revu en hausse à 88,9 pour avril. En mai 2007, l'indicateur était logé à 98,5. La NAR prédit par ailleurs un "mouvement modeste de court terme sur les ventes de logements existants", avec une "recovery des ventes" durant le second semestre 2008. Lawrence Yun, Chef économiste de la NAR, rappelle qu'un tassement était attendu sur les promesses après la reprise du mois précédent. L'économiste pense que le marché immobilier US n'est pas encore sorti d'affaire, et insiste sur le fait que le package de relance du marché immobilier considéré par le Sénat demeure d'une importance critique pour assurer une reprise saine, que ce soit pour le logement, l'emploi ou l'économie au sens le plus large.
Seconde séance de plongeon ce mardi sur le Nymex, pour les prix du pétrole. Le baril de brut pour août revient désormais en direction des 136$, au plus bas de deux semaines. Un baril qui rend 9$ en deux jours seulement, alors que semblent s'apaiser les craintes internationales relatives à l'Iran. Une tension qui se dissipe, mais des avis de spécialistes qui restent mitigés : Boone Pickens, investisseur de renom, prévoit un baril à 150$ à court terme, rejoignant en cela JP Morgan. Demain mercredi sera par ailleurs l'occasion d'y voir plus clair sur les réserves américaines, avec le dernier rapport hebdomadaire des stocks pétroliers des États-Unis.
VALEURS DU JOUR
IndyMac (-38%). Le fournisseur de services mortgage de Pasadena, Californie, IndyMac, inquiète à son tour ce mardi. Hier, les géants du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac suscitaient déjà de vives appréhensions, sur des rumeurs relatives à leurs réserves ou à d'éventuelles levées de fonds. Le californien IndyMac disait, courant mai, attendre de nouveaux déficits trimestriels en 2008, et ne pas prévoir de retour à la rentabilité avant la reprise des prix de l'immobilier américain. Le Groupe a levé 97 M$ cette année après 676 M$ l'an dernier. Pourtant, les autorités de régulation ont informé le Groupe qu'elles ne le jugeaient pas bien capitalisé, suite à l'échec de la levée de nouveaux capitaux, avoué par le PDG Mike Perry. IndyMac, en accord avec les régulateurs, a accepté de bloquer ses nouvelles activités mortgage et de tenter d'améliorer ses positions financières et ses ratios, ce qui passe par des cessions d'actifs ou fermetures. 3.800 suppressions de postes sont programmées, ce qui représente plus de la moitié des effectifs du Groupe. IndyMac prévient que ses pertes du second trimestre pourraient être plus importantes que celles du premier (184 M$). Le titre a perdu 98% en un an à Wall Street.
Pepsi Bottling Group (-3%), embouteilleur et distributeur majeur de PepsiCo, a dévoilé ce mardi ses comptes du second trimestre fiscal 2008. Le Groupe PBG a réalisé 174 M$ de résultat net, soit 78 cents de bpa dilué, ce qui représente 12% de croissance du bénéfice en glissement annuel, contre 162 M$ et 70 cents par titre au second trimestre 2007. Le new-yorkais a affiché des revenus totaux de 3,5 Mds$, en croissance de 5% en comparaison de l'an dernier. PBG anticipe toujours un bpa dilué 2008 de 2,30$ à 2,38$ hors éléments, sur une croissance des revenus de 5-6%. Le free cash flow opérationnel est attendu supérieur à 620 M$.
Lehman Brothers (+7%). Le titre de la banque d'affaires Lehman Brothers plongeait de 10% hier soir sur la cote américaine, suite à des rumeurs relatives à une suspension temporaire de ses activités de trading sur certains contrats pétroliers, consécutivement à une revue de la division Platts de McGraw-Hill sur les marchés énergétiques. Le Nymex (New York Mercantile Exchange) a communiqué hier dans la soirée, expliquant pourtant que Lehman demeure une firme de clearing en bonne santé, et continue de répondre à ses obligations sur ce marché. Ce mardi, la valeur rebondissait nettement.
Office Depot (-32% !). Le distributeur de fournitures de bureaux basé en Floride, Office Depot, a expliqué ce jour que l'affaiblissement des conditions d'activité avait durement affecté ses ventes nord-américaines sur le second trimestre. Ainsi, ces ventes devraient reculer de pratiquement 10% à magasins comparables au T2. Pour ce trimestre de juin, les ventes totales d'Office Depot seraient quant à elles en légère baisse. Le Groupe note que les tendances de ventes se sont détériorées en fin de trimestre, impactant aussi sur les marges avant imposition et intérêts (Ebit) de 2 points de pourcentage de plus (en comparaison d'une baisse de 2-2,5 points précédemment estimée). Office Depot prévoit une amélioration séquentielle des marges sur les deux trimestres suivants. Enfin, le Groupe s'attend à une économie difficile pour le reste de l'année.
Fannie Mae (+12%). L'OFHEO (Office of Federal Housing Enterprise Oversight) américain, organisme qui supervise les deux géants US du refinancement hypothécaire Fannie Mae et Freddie Mac (+13%), a voulu rassurer ce mardi, au lendemain des rumeurs qui avaient fait plonger les deux valeurs à Wall Street. Ainsi, l'OFHEO juge que Fannie et Freddie ne devraient pas voir leurs positions de capitaux affectées par un changement de règle comptable. Une mise au point qui a relancé les valeurs des deux Groupes en bourse mardi. Les commentaires offensifs de Ben Bernanke relatifs au marché immobilier ont aussi eu tendance à rassurer ce jour.









