Bourse : l'avenir des marchés financiers dans les mains des banques centrales en septembre ?
(Boursier.com) -- Pour Gérard Augustin Normand, Président de Richelieu Finance, interrogé par Boursier.com, la prudence s'impose toujours sur les marchés financiers : "Il est encore difficile d'apprécier les conséquences de la crise qui est venue des Etats-Unis ces dernières semaines. Le retour à la confiance risque malgré tout d'être assez lent" ... "Sans trop philosopher, on a surtout l'impression que les marchés ne tirent jamais vraiment les leçons du passé... On paie la course à la performance sur des stratégies de plus en plus risquées. L'ambiance était devenue assez malsaine et le risque ne cessait de croître pour quelques points de performance en plus..." commente le gérant.
Concernant le rôle des autorités de régulation, M. Augustin-Normand estime que "tout le monde a une part de responsabilité dans cette crise... Il n'y a pas que les fonds spéculatifs ! On a accru la prise de risque au détriment aussi de la transparence"..."au-delà des rebonds de court terme, il reste une grande fragilité de certains acteurs. La hausse était devenue mécanique, alimentée par des liquidités toujours plus abondantes... Dans ce genre de situation la pompe aspirante peut vite s'inverser et se transformer en cercle vicieux." ... "Le marché n'était pas surévalué à l'excès, mais il n'est pas non plus bradé... Il était surtout soufflé par la spéculation sur certains compartiments ou certains dossiers particuliers... Il faut être attentif car toute nouvelle négative en la matière risquerait de nouveau de déstabiliser le marché boursier".
Dans la perspective des réunions monétaires du mois de septembre de la Fed et de la BCE, le gérant explique que la situation est "très délicate" pour les autorités monétaires : "La Réserve Fédérale a injecté des milliards de dollars... Le chemin est étroit. Si elle se montre plus accommodante en baissant fortement ses taux début septembre, les marchés risquent d'interpréter cela comme un signe d'extrême gravité de la crise. Dans le cas inverse, les investisseurs risquent d'être déçus ! Il va falloir beaucoup de doigté aux autorités monétaires..."
Pour conclure, M. Augustin-Normand rappelle "qu'il y avait plus de rumeurs que d'opérations financières effectives depuis un certain temps déjà en bourse de Paris... On parlait plus que l'on agissait... Je pense que les acteurs qui peuvent être intéressés par des opérations de rapprochement prendront leur temps dans le contexte financier actuel...".








