6 réactionsArcelorMittal : l'action plonge avec l'ensemble du secteur des "commodities"
(Boursier.com) -- Le "tsunami" financier est bien en train de saper les fondations de l'économie réelle... Hier, la dégringolade de l'action ArcelorMittal (-14,8%) illustre les effets du "credit crunch" sur le fonctionnement des entreprises et leurs carnets de commandes. Les dernières statistiques montrent en effet un ralentissement mondial de la demande d'acier : les clients des grands sidérurgistes trouvent moins facilement du crédit pour mener à bien leurs projets, et les marchés immobiliers, premiers débouchés de l'acier, laissent voir des signes de faiblesse partout dans le monde, y compris dans l' "eldorado" chinois. Ainsi, selon la banque centrale chinoise (People's Bank of China), les crédits accordés aux sociétés de construction du pays ont chuté de 30% au premier semestre 2008 par rapport à la même période de 2007. Tandis qu'aux Etats-Unis, les mises en chantier de logements sont au plus bas depuis 17 ans...
L'action ArcelorMittal a aussi été victime hier d'une baisse de recommandation de la part de Deutsche Bank, qui a cité une chute des prix de vente de l'acier, ainsi que l'endettement élevé du groupe, pour passer d'"acheter" à "conserver" sur le titre.
Premier producteur mondial d'acier, ArcelorMittal a d'ores et déjà annoncé des réductions de production pour tenter de soutenir les prix de ses produits. Hier, ArcelorMittal n'était d'ailleurs pas le seul sidérurgiste touché : l'indice 'Bloomberg' regroupant les entreprises européennes du secteur a lui aussi cédé 15%. Ainsi, le fabricant de tubes et pipelines Vallourec a dégringolé de 16% et l'allemand Thyssen Krupp de 9%. Les groupes miniers n'ont pas été épargnés : BHP Billiton a perdu 9% à New York et Rio Tinto a chuté de 12% à Paris.
Quant aux prix des métaux de base (nickel, zinc, plomb, cuivre, alumimium, étain...), ils ont aussi continué de plonger, sous l'effet notamment d'une autre étude d'UBS, qui a revu en baisse ses estimations de prix pour 2009 en raison du ralentissement économique mondial.
La semaine dernière, l'indice du London Metal Exchange regroupant six métaux avait perdu 9,6%, sa pire semaine depuis juillet 2006. Depuis deux ans, les investisseurs s'étaient massivement portés sur les "commodities" et leurs dérivés, pensant trouver là un placement alternatif aux marchés des actions et des obligations... Désormais, ils sont contraints de rapatrier leurs liquidités en toute urgence dans un contexte d'accès de plus en plus difficile au crédit.








