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Devises : l'"effet Trump" envoie l'euro au plus bas depuis près d'un an

Devises : l''effet Trump' envoie l'euro au plus bas depuis près d'un an
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — L'élection surprise de Donald Trump comme président des Etats-Unis a provoqué un séisme sur les marchés financiers, notamment ceux des devises et des taux. Mais alors qu'ils étaient nombreux à prévoir une chute des marchés d'actions et une hausse des obligations (valeur-refuge) en cas de victoire de Trump, c'est l'inverse qui s'est déroulé. Avec à la clé, depuis le 8 novembre, une forte revalorisation du dollar et une nette tension sur les taux d'intérêts à travers le monde.

Lundi, l'euro a plongé de 1,15% à 1,0735$, alors qu'il cotait au-dessus de 1,10$ à la veille du scrutin présidentiel du 8 novembre. La monnaie unique européenne est ainsi revenue à son plus bas depuis près d'un an, début décembre 2015. Ce recul de la monnaie unique européenne redonne un peu de marge de manoeuvre à la BCE, inquiète de voir l'euro s'apprécier ces derniers temps (1,1141$ le 4 novembre) sur fond de rumeurs de réduction du programme d'assouplissement quantitatif de la banque centrale européenne, au-delà de mars 2017.

Un programme inflationniste en vue outre-Atlantique ?

La victoire de Donald Trump sur Hillary Clinton a entraîné un brutal réajustement des portefeuilles des gestionnaires de fonds. Ils ont épluché le programme économique (encore peu détaillé) du président élu républicain, et l'ont jugé globalement inflationniste. Dans ce nouvel environnement, la Réserve fédérale serait encline à relever ses taux directeurs plus vite que prévu, ce qui favoriserait la hausse du dollar, qui retrouverait son attrait de devise de réserve à haut rendement.

Si Donald Trump met en oeuvre son programme, consistant en une relance de la croissance par l'investissement, accompagnée de baisses d'impôts, cela relancera l'inflation, entraînant des taux d'intérêts également plus hauts, les investisseurs exigeant des rendements plus élevés pour compenser le risque inflationniste. Un plan de relance devrait entraîner un accroissement de la dette de l'Etat, avec un afflux d'émissions obligataires à la clé. Cette hausse de l'offre serait de nature à faire baisser les cours et remonter mécaniquement les taux.

En outre, si le nouveau président américain révise, comme il l'a promis, les accords commerciaux internationaux, en relevant les droits de douane avec certains pays (Mexique, Chine ...), cela entraînera un renchérissement des prix des produits importés, ce qui attisera également l'inflation.

Pour Stanley Fischer, la Fed est proche de relever ses taux directeurs

Dans ce nouvel environnement, la Réserve fédérale américaine pourrait donc être contrainte de relever ses taux directeurs (actuellement fixés à 0,25%-0,5%) à un rythme plus élevé que prévu, estiment les analystes. Les marchés ont d'ores et déjà intégré un relèvement d'un quart de point le 14 décembre prochain, avec une probabilité de près de 86% selon l'outil FedWatch du CME établi lundi soir. La question est désormais de savoir quelles seront les projections de taux des membres de la Fed pour 2017. En septembre, ces projections montraient qu'ils s'attendaient à ce que le taux des "fed funds" se situe à 1,1% à la fin 2017, alors qu'en juin, ils le voyaient remonter à 1,6%.

Le programme économique de Donald Trump, pour autant qu'il soit détaillé et jugé crédible par les marchés, pourrait faire accélérer le calendrier de la Fed, ce qui serait de nature à soutenir encore le dollar face aux principales devises mondiales dans les mois qui viennent...

Vendredi, le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, ainsi jugé que les perspectives de croissance économique sont suffisamment fortes pour que la Fed procède à une hausse progressive des taux d'intérêt. Il s'agissait de sa première intervention en public depuis l'élection de Donald Trump, que M. Fischer n'a pas commentée en soi.

Le numéro deux de la Fed a ajouté que la banque centrale était "relativement près" d'atteindre ses objectifs d'emploi et d'inflation, et que les arguments en faveur d'un resserrement de la politique monétaire étaient par conséquent "plutôt solides".

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