Si les sociétés trouvent un avantage à venir lever des capitaux en Bourse, c'est que les marchés financiers, via le jeu de l'offre et la demande, leur offrent des moyens de leurs ambitions, aussi diverses soient-elles.
Au premier chef, une introduction en Bourse apparaît comme un moyen pour les entreprises de mettre du "papier" sur le marché, en échange de quoi les actionnaires s'associent au développement du groupe en lui apportant les capitaux nécessaires pour financer sa croissance. Si la situation financière de l'entreprise est déséquilibrée - du fait par exemple d'investissements trop lourds - les dirigeants peuvent venir lever des fonds pour renforcer leurs capitaux propres et assainir ainsi leur bilan.
D'autres entreprises viennent chercher en Bourse le moyen de grossir voire de s'internationaliser. Sans argent frais, il est effectivement délicat pour une entreprise dont la trésorerie est faible d'envisager étendre ses activités, et ce même si des opportunités se présentent. En levant des capitaux sur le marché, l'entreprise récolte alors un "trésor de guerre" qui pourra être mis à profit dans le cadre de rachats d'autres entreprises lui permettant peut-être ainsi d'atteindre une taille critique, voire internationale. Faire coter son groupe en Bourse peut également être un moyen pour des dirigeants de vendre des parts de leur société ou de faire entrer des partenaires de poids.
Solliciter l'épargne peut aussi trouver d'autres justifications : ainsi, une des raisons fréquemment invoquée par les dirigeants lors de leur arrivée en Bourse est leur souci de notoriété. Avoir son groupe coté est en soi revalorisant, mais c'est surtout un formidable moyen de trouver des partenaires de qualité (les anglo-saxons y sont par exemple particulièrement attentifs) et un moyen de mobilisation interne de ressources humaines qui ne se dément pas : par exemple, par le biais des "stocks-options", ces actions cédées à des salariés à un prix défiant toute concurrence, une entreprise peut trouver le moyen de garder à bon compte les personnes essentielles à son management. C'est aussi un moyen de motiver les salariés via un intéressement indirect à la bonne marche de l'entreprise.
Enfin, la présence en Bourse et la communication qu'elle entraîne est certainement l'une des formes les plus efficaces de publicité pour une jeune société. La cotation représente aussi une véritable reconnaissance pour l'entreprise, un atout commercial indéniable.
Connue il y a quelques temps sous le nom d'O.P.V. (Offre Publique de Vente), cette procédure est la plus utilisée par les banques introductrices. Un prix de cession des titres est fixé, et c'est uniquement à ce cours d'introduction que peuvent avoir lieu les ordres d'achat. Cette procédure a la particularité de répartir les attributions de titres proportionnellement à la demande. Les ordres sont classés en "Ordre A", ordres prioritaires qui portent généralement sur un maximum de 100 titres, et en "Ordres B", qui rassemblent eux le reste des titres demandés. Cette classification a pour but d'éviter que les ordres portant sur un faible nombre d'actions soient servis d'autant plus mal que l'introduction remporte un franc succès.
Ce type de procédure permet à la société qui s'introduit de proposer des actions à un prix dit "minimal". Tous les ordres d'achat à cours limité sont recevables à la condition qu'ils ne soient pas trop éloignés du prix minimal (les ordres "au mieux" étant systématiquement annulés). Une fois le carnet d'ordre rempli, le premier cours coté correspond alors à la limite inférieure de la dernière tranche d'ordres servis.
Cette procédure d'introduction en Bourse consiste, pour l'émetteur, à proposer une fourchette de prix aux investisseurs, laquelle est ensuite susceptible d'être modifiée par les établissements introducteurs pour peu qu'ils aient notifié qu'ils s'en réservaient la faculté. Le prix définitif n'est alors fixé qu'après réception de la totalité des ordres. Comme pour les Offres à Prix Minimal, seuls les ordres supérieurs ou égaux au prix définitif fixé sont servis.
Dans le cadre de cette procédure, la souscription d'une partie des titres est réservée aux institutionnels comme les banques, les assureurs, etc…
La procédure est l'équivalent de l'OPM, si ce n'est que les ordres stipulés "Au mieux" sont acceptés. Autre différence, la société qui émet des actions les cède à des intermédiaires financiers à un prix déterminé, lesquels sont alors tenus de placer ces titres sur le marché.
Il s'adresse aux investisseurs institutionnels, et n'est pas tenu de garantir l'équité de la répartition des titres.
Jouer une introduction peut se révéler payant et doper de façon substantielle la performance d'un portefeuille. Mais avant de partir à l'aventure, mieux vaut savoir où l'on met les pieds et connaître les pièges à éviter.
Voici la liste des bonnes questions à se poser avant de participer à une introduction en Bourse :
Si c'est le cas, il est possible que l'introduction suive l'euphorie du moment. Mais il faut se méfier de l'effet rareté : si les introductions sont en nombre trop important, les opérateurs privilégieront les dossiers les plus costauds et laisseront de coté les autres.
Les banques et les sociétés de Bourse qui introduisent les sociétés sont responsables du placement garanti. Il en découle que ces dernières sont les premières à se servir et que leurs clients les plus importants sont souvent avantagés. Si votre intermédiaire financier fait partie des introducteurs, c'est une raison supplémentaire pour vous intéresser à l'introduction.
L'OPF est la forme d'introduction "la plus juste", c'est à dire celle qui garantit d'être servi proportionnellement à la demande. Participer à une OPM revient à trouver "le juste prix" dans une fourchette souvent difficile à évaluer. Le risque est alors de surpayer ses titres. Quant à la rarissime cotation directe, elle est réservée aux amateurs de sensations fortes...
Les sociétés "high tech" doivent présenter un business-plan qui soit solide sur le plan de la croissance et de l'arrivée des bénéfices. Mais bien trop souvent, le plan est mal évalué et se révèle intenable, la faute soit à des événements extérieurs que la société avait manifestement sous-estimé, soit à une banque introductrice trop peu scrupuleuse, qui avait artificiellement gonflé les prévisions de la société pour mieux la vendre.
Parfois, les dirigeants d'une société viennent en Bourse chercher le moyen de sortir à bon compte du capital, en vendant une majeure partie de leurs parts. Si tel est le cas, la méfiance doit être de rigueur, c'est peut-être que les dirigeants n'ont pas confiance et préfèrent "sortir leurs billes" immédiatement.
Un multiple de capitalisation trop élevé peut être parfois source d'une future déception. Souvent justifié pour des opérations sur des sociétés au fort potentiel de croissance, il n'en reste pas moins que le multiple se doit d'être modéré au moment de la mise sur le marché. Sinon, les investisseurs ne s'intéresseront pas au dossier, aussi bonne la qualité de l'affaire soit-elle...
Une introduction en Bourse sur un secteur porteur est plus facile à vendre que sur un secteur dont le taux de croissance stagne. Cependant, des affaires moins médiatiques peuvent tout autant se révéler de bonnes affaires pour peu que la rentabilité soit au rendez-vous.
Point important à vérifier, l'endettement de l'entreprise divisé par ses fonds propres se doit d'être décent après éventuelle augmentation de capital. Dans tous les autres cas, là encore, méfiance car une situation financière explosive conduit souvent à de très mauvaises surprises.
Souvent, les dirigeants, afin de ne pas être trop dilués au sein d'une entreprise, se résignent à ne mettre dans le public que le minimum légal. Problème : Si les titres affluent encore dans les jours qui suivent l'introduction, il n'en reste pas moins que, à peu de titres répartis correspond forcément un marché étroit.
Il se peut qu'un capital éparpillé soit mauvais signe : en effet, la présence dans le capital de nombreux gros actionnaires peut dans certains cas être synonyme de départ imminent d'au moins l'un d'entre eux, ce qui ne manque pas de déclencher un décrochage du cours.
En conclusion, voici l'archétype de l'introduction qui a toutes les chances de réussir :
- bons fondamentaux
- bonne visibilité
- bonnes perspectives
- multiple de capitalisation décent
- et bonne liquidité !









