(Boursier.com) -- La hausse des prix immobiliers en France cette année est "un mystère" pour Standard & Poor's !.... Cette flambé des prix, qui a même atteint 18% en région parisienne sur un an à fin septembre, est en effet une exception dans le monde, où les prix de l'immobilier ont stagné, voire fortement baissé dans certains pays depuis la crise financière de 2008... Dans une note sur "les perspectives du crédit dans le monde en 2012", S&P juge "inquiétante" cette envolée des prix en France, et anticipe pour 2012 une baisse de 5% et 10%.
Ce repli sera lié d'une part à la trop forte hausse récente, qui a rendu la pierre inabordable à de nombreux ménages, et d'autre part à la crise économique, qui fera augmenter le chômage et réduira le pouvoir d'achat des ménages.
Hier soir, l'INSEE a diagnostiqué que la France tomberait en récession au 4ème trimestre et au 1er trimestre 2012, avant une reprise très lente, ce qui rendra difficile la prévision de croissance de 1% en 2012 du gouvernement retenue dans son 2ème plan de rigueur...
De son côté, S&P s'attend à une "légère récession" l'an prochain en zone Euro, et à une "légère reprise" aux Etats-Unis, et estime que "l'immobilier, l'emploi et le moral des consommateurs restent les domaines les plus inquiétants pour les économies développées".
En attendant un éventuel reflux, les prix immobiliers ont contribué à gonfler le patrimoine des ménages français, qui a retrouvé en 2010 son niveau de 2007, avant la crise des "subprimes". Le patrimoine global des Français a ainsi bondi de 9,1% à fin décembre 2010, à 13.065 Milliards d'Euros, en grande partie grâce à un rebond de 10,5% du patrimoine non financier (composé essentiellement d'actifs immobiliers), qui avait légèrement reculé de 2,5% en 2009...
Apportant son éclairage sur la question, Martin Bouygues, patron du groupe de BTP éponyme, estimait hier dans un entretien aux 'Echos' que la hausse des prix des logements était liée à la faiblesse de l'offre de logement neufs et à l'inflation du coût des terrains. Ce dernier a plaidé pour que le gouvernement fasse évoluer la réglementation afin de rendre constructibles davantage de terrains.
Le PDG du groupe Bouygues a aussi mis en garde les candidats à la présidentielle contre une suppression des aides publiques, comme la disparition programmée du dispositif Scellier... Pour lui, "la France n'a tout simplement pas le choix (...) Compte tenu des besoins en logements, je ne crois pas qu'on puisse se passer d'aides publiques", a-t-il estimé...
D'autres experts du secteur estiment, au contraire, que les aides publiques contribuent à la hausse des prix immobiliers, et favorisent davantage les promoteurs que les acheteurs... Ainsi, l'avantage fiscal offert par le "Scellier" se traduirait dans les faits par une hausse injustifiée des prix de vente des programmes d'immobilier locatif neuf, qui par ricochet se transmettent ensuite au marché de l'ancien...
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