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Volkswagen tourne une page dans le "Dieselgate"

Volkswagen tourne une page dans le "Dieselgate"

Volkswagen tourne une page dans le
Crédit photo © Reuters

par Andreas Cremer

BERLIN (Reuters) - Le conseil de surveillance de Volkswagen se penche mercredi sur le projet d'accord négocié avec la justice américaine d'un règlement de jusqu'à 4,3 milliards de dollars (4,1 milliards d'euros) dans l'affaire de fraude aux émissions polluantes.

Le projet d'accord de règlement au civil et au pénal négocié avec le ministère américain de la Justice, annoncé mardi par Volkswagen, marque une nouvelle étape dans le processus engagé par le constructeur allemand pour tourner la page du "Dieselgate".

Les investisseurs saluent ce développement, l'action de Volkswagen prenant 2,8% à 150,15 euros en Bourse de Francfort vers 14h30 GMT, la deuxième plus forte hausse de l'EuroStoxx 50.

Le feuilleton provoqué par le plus grand scandale dans l'histoire de l'automobile en Allemagne, qui court depuis 16 mois, n'est cependant pas terminé.

Le FBI, qui a arrêté samedi en Floride un responsable de Volkswagen accusé de complicité d'escroquerie, recherche les individus portant une responsabilité personnelle dans la fraude.

Le groupe de Wolfsburg est également visé par plusieurs enquêtes administratives et judiciaires en Europe et en Asie.

"C'est une victoire partielle mais Volkswagen n'est en aucun cas sorti d'affaire", estime Ingo Speich, gérant de fonds chez Union Investment, qui détient environ 0,6% des actions préférentielles VW.

"Il reste encore des risques considérables de litiges", ajoute-t-il. "Les faits doivent être maintenant révélés et, si nécessaire, d'autres étapes concernant des individus doivent être prises afin de regagner la confiance des marchés financiers."

VOLKSWAGEN PLAIDE COUPABLE

Erik Bomans, du cabinet de consultants Deminor, qui assiste des actionnaires engagés dans une procédure contre le constructeur, a fait valoir que les responsables du scandale devaient être présentés à la justice.

"Ce que nous espérons, c'est qu'il n'y a pas eu de compromis dans les discussions entre Volkswagen et le département de la Justice (...) qui permettrait à VW, en échange d'une reconnaissance de sa culpabilité et d'une grosse amende, de protéger certains de ses dirigeants portant une responsabilité individuelle", a-t-il dit.

L'accord inclut une reconnaissance de culpabilité du groupe allemand sur certains éléments du dossier, a précisé VW, qui faisait l'objet de poursuites pour avoir délibérément trompé les autorités américaines sur les émissions polluantes de certains de ses modèles équipés de moteurs diesels.

Le montant de la pénalité signifie que les coûts du scandale dépasseront les 18,2 milliards d'euros que Volkswagen a mis de côté pour les couvrir.

Le constructeur allemand a déjà accepté de verser au total 17,5 milliards de dollars pour régler les litiges avec les propriétaires des voitures concernées, avec les concessionnaires et avec les autorités réglementaires fédérales et locales aux Etats-Unis.

Selon des analystes, le projet d'accord annoncé mardi, que VW s'est dépêché d'arracher avant l'entrée, le 20 janvier, de Donald Trump à la Maison blanche, devrait finalement coûter à Volkswagen environ 3 milliards d'euros.

Une source proche du dossier estime pour sa part que le coût global du scandale pour VW ne devrait pas excéder 20 milliards d'euros.

DES VENTES RECORD MALGRÉ LE SCANDALE

La justice américaine a maintenu Volkswagen sous pression dans ce dossier depuis les premières révélations sur le scandale en septembre 2015.

Washington reproche principalement au premier constructeur européen d'avoir équipé plusieurs centaines de milliers de véhicules diesel d'un dispositif visant à truquer les résultats des tests d'émissions polluantes.

Dans le cadre de l'accord amiable, Volkswagen devrait s'engager à mettre en oeuvre d'importantes réformes et à se soumettre au contrôle d'une autorité indépendante.

Le constructeur de Wolfsburg a dit qu'il était trop tôt pour évaluer l'impact de l'accord avec la justice américaine sur ses résultats 2016.

Malgré le Dieselgate, les ventes de Volkswagen ont atteint un record de 10,3 millions de véhicules en 2016, avec un bond de 12% au mois de décembre.

Cette bonne performance annuelle devrait placer VW en tête des constructeurs automobiles mondiaux en nombre de véhicules vendus, devant son grand rival japonais Toyota.

(avec Edward Taylor, Simon Jessop and Alissa de Carbonnel; Patrick Vignal pour le service français, édité par Véronique Tison)


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