»
»
»
Consultation

Un procureur spécial nommé pour enquêter sur Trump et la Russie

Un procureur spécial nommé pour enquêter sur Trump et la Russie

Crédit photo © Reuters

par Julia Edwards Ainsley et Steve Holland

WASHINGTON (Reuters) - Le département américain de la Justice a annoncé mercredi la nomination de l'ancien directeur du FBI Robert Mueller comme procureur spécial pour enquêter sur les soupçons de collusion entre la Russie et l'équipe de campagne de Donald Trump.

Cette mesure intervient alors que le président américain est empêtré dans une série de controverses depuis qu'il a limogé le directeur du FBI James Comey, le 9 mai dernier, qui enquêtait sur le dossier.

Dans un communiqué diffusé par la Maison blanche, le président américain dit avoir "hâte de voir cette affaire se conclure rapidement".

"Comme je l'ai déclaré à de nombreuses reprises, une enquête minutieuse confirmera ce que nous savons déjà : il n'y a eu aucune collusion entre ma campagne et une quelconque entité étrangère", affirme-t-il.

Robert Mueller, qui a dirigé le FBI pendant douze ans, de 2001 à 2013, a dit "accepter cette responsabilité" dans un communiqué.

De plus en plus d'élus du Congrès réclamaient une enquête indépendante sur l'influence qu'aurait cherché à exercer Moscou pour favoriser l'élection de Donald Trump au détriment de Hillary Clinton.

Les agences américaines de renseignement ont conclu en début d'année dans un rapport que la Russie avait interféré dans la campagne électorale, des accusations rejetées par le Kremlin.

Donald Trump s'est toujours montré agacé à l'idée que Moscou puisse avoir joué un rôle dans sa victoire le 8 novembre dernier, mais la question plombe ses premiers mois de mandat.

Les pressions se sont intensifiées avec le limogeage de James Comey, qui dirigeait l'enquête ouverte par le FBI à ce sujet, puis des révélations du New York Times selon lesquelles Donald Trump aurait demandé à Comey de clore les investigations sur d'éventuels contacts entre la Russie et son ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn.

Ces polémiques inquiètent les investisseurs à Wall Street, où le Dow Jones a cédé près de 1,8% mercredi soir.

UN "FONCTIONNAIRE RESPECTÉ"

"Ma décision (de nommer un procureur spécial) ne signifie pas qu'on a découvert que des délits avaient été commis ou qu'il faut engager des poursuites", a déclaré le numéro deux du département de la Justice, Rod Rosenstein.

"J'ai estimé que la nomination d'un procureur spécial était nécessaire pour que le peuple américain ait pleinement confiance dans le résultat de l'enquête", a-t-il ajouté.

Les élus du Congrès ont approuvé cette nomination, mais les chefs républicains au Sénat et à la Chambre des représentants ont précisé que leurs propres enquêtes allaient se poursuivre.

La nomination de Robert Mueller a été saluée par le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer, qui a jugé qu'elle était "tout à fait nécessaire", ajoutant que Robert Mueller était "la personne adaptée" pour exercer cette tâche.

Nancy Pelosi, son homologue de la Chambre des représentants, s'est déclarée satisfaite de la nomination de ce "fonctionnaire respecté".

Robert Mueller, qui a 72 ans, a été Marine pendant la guerre du Vietnam. Ancien procureur fédéral, il a été nommé à la tête du FBI par George W. Bush une semaine après les attentats du 11 septembre 2001. En 2011, Barack Obama lui a demandé d'effectuer deux années supplémentaires, avant de nommer James Comey.

Certaines enquêtes indépendantes ont pu s'étaler sur des années. Ce fut le cas par exemple de l'enquête du procureur Kenneth Starr sur l'ancien président Bill Clinton, qui avait débuté sur des soupçons d'infraction dans des contrats immobiliers avant de s'étendre aux relations entre le président et sa stagiaire Monica Lewinsky.

Le sénateur républicain John Cornyn a déclaré que l'annonce du département de la Justice permettrait sans doute d'apaiser les tensions au Congrès et faciliterait le processus de remplacement de James Comey à la tête du FBI.

Il a fait l'éloge de l'ancien sénateur indépendant Joe Lieberman, estimant que ce dernier obtiendrait un large soutien si son nom était proposé pour diriger la police fédérale.

(Ayesha Rascoe, Richard Cowan; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)


click here for restriction
©2017 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com