PARIS (Reuters) - Le fabricant de briquets et de stylos de luxe ST Dupont espère doper sa croissance et sa rentabilité grâce à la maroquinerie, son métier d'origine, qu'il vient de relancer.
La société contrôlée à 70% par le milliardaire hongkongais Dickson Pool, propriétaire du grand magasin britannique Harvey Nichols, a vu sa croissance 2011-2012 (+4,7% à taux constants) freinée par ses ventes de sacs et d'accessoires pour homme (-3%), tandis que ses ventes de stylos et briquets ont nettement progressé (+13,6%).
"Grâce à notre nouvelle maroquinerie, nous devrions enregistrer une croissance supérieure à 10% cette année", a déclaré à Reuters Alain Crevet, président du directoire, lors d'une interview.
Il a également précisé ne percevoir "aucun" fléchissement des ventes de briquets et stylos de la marque en Chine, alors que la cadence y ralentit pour nombre de marques de luxe, avec le tassement de l'économie chinoise, l'attentisme lié aux prochaines élections et la baisse des très prisés cadeaux d'affaires.
"Nous sommes très bien positionnés sur le créneau du cadeau, en terme de prix et de discrétion. Nos produits s'adressent à des connaisseurs, sans être inutilement ostentatoires", a précisé Alain Crevet.
Au premier trimestre 2012-2013, les ventes de sacs et d'accessoires de ST Dupont ont littéralement chuté (-35%), une baisse qui s'explique essentiellement, selon Alain Crevet, par l'arrivée annoncée de la nouvelle gamme de sacs inspirée de deux modèles qu'avaient achetés après-guerre deux grandes icônes du cinéma américain, Audrey Hepburn et Humphrey Bogart.
"Nous n'avons plus livré de maroquinerie depuis des mois, en prévision de la nouvelle ligne", a-t-il expliqué.
L'objectif est aussi, clairement, d'améliorer à terme la rentabilité du groupe. La marge brute, qui oscille aujourd'hui autour de 51%, devrait ainsi atteindre 60% à 65% d'ici trois ans, a-t-il ajouté.
ST Dupont, qui détient 20 boutiques en propre dans le monde, ambitionne de doubler leur nombre d'ici à trois ans.
Pascale Denis, Astrid Wendlandt, édité par Jean-Michel Bélot
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