»
»
»
Consultation

RPT-L'affrontement stérile avec le patronat est "ringard", dit Berger (CFDT)

RPT-L'affrontement stérile avec le patronat est "ringard", dit Berger (CFDT)

Crédit photo © Reuters

par Caroline Pailliez

PARIS (Reuters) - Répétition titre, pour préciser sur quoi porte le qualificatif "ringard"

L'affrontement stérile entre patronat et syndicats est "dépassé" et "ringard", a déclaré mardi à Reuters le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger, face aux mouvements de mobilisation qui s'organisent contre le projet de réforme du Code du travail.

"Le syndicalisme divisé qui se cantonnerait à organiser des manifestations pour faire croire qu'il est d'accord contre quelque chose mais jamais pour quelque chose, je pense qu'il faut que ça s'arrête", a dit Laurent Berger dans une interview.

"Il faut se mobiliser pour des idées", a-t-il poursuivi. "L'affrontement stérile entre d'un côté les syndicats et de l'autre le patronat où la seule issue c'est de se taper dessus, c'est ringard et dépassé."

La CGT a appelé mardi ses adhérents à se déployer dans les entreprises pour "débattre avec les salariés", "élaborer leurs cahiers revendicatifs", et "faire de la troisième semaine du mois du juin des temps forts d'initiatives et de mobilisations".

Elle a surtout mis en garde dans un communiqué contre la forte majorité dont devrait disposer Emmanuel Macron à l'Assemblée nationale dimanche prochain, ce qui lui permettrait de lancer le processus des ordonnances sans opposition.

D'autres mouvements ont commencé à se former ces dernières semaines. Le syndicat Solidaires a tenu jeudi dernier des rencontres avec la CGT, la FSU, le syndicat étudiant Unef et le syndicat lycéen UNL pour envisager de possibles mobilisations.

Des manifestations sont aussi prévues le 19 juin prochain à l'initiative du Front Social, qui regroupe des syndicalistes qui refusent tout compromis sur le droit du travail.

Pour Laurent Berger, il est temps de faire valoir un syndicalisme plus moderne. "On a trop souvent pensé en France que la palette du syndicalisme, c'était manifestations, grèves, mobilisations", a-t-il dit.

"Ça existe, et on les utilise quand c'est nécessaire, mais il y a aussi propositions, négociations, engagements, contre-propositions."

LES "LIGNES ROUGES" A NE PAS FRANCHIR

"Il y a une attente des salariés pour un syndicalisme un peu plus constructif qu'il ne l'a été parfois", a poursuivi le dirigeant de la centrale qui est devenue en avril dernier la première organisation syndicale dans le privé, devant la CGT.

Les partenaires sociaux ont entamé cette semaine les concertations sur le premier bloc du programme de réformes du gouvernement avec la question de l'articulation entre les accords de branche et les accords d'entreprise.

Sur ce sujet, les syndicats ont élaboré des propositions en commun pour peser davantage dans la discussion, a expliqué lundi à Reuters le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, lors d'une interview.

"On a des divergences syndicales qu'il faut assumer", a concédé Laurent Berger. "Mais on est plusieurs à penser que c'est mieux si on porte des points de vue en commun."

Le syndicaliste ne rejette toutefois pas le spectre d'un troisième tour social, une fois les ordonnances connues.

Si le gouvernement ne tient pas compte des concertations, "nous nous réserverons la possibilité comme tout le monde de faire valoir démocratiquement notre point de vue", a-t-il dit.

"Ça veut dire que, s'il faut organiser des manifestations, nous le ferons, s'il faut se mobiliser dans les entreprises, nous le ferons."

Parmi les points qui le feraient sortir de la discussion : la possibilité pour les dirigeants d'entreprise de consulter leurs salariés par référendum pour décider d'un accord qui n'aurait pas pu être conclu avec les délégués syndicaux.

Le gouvernement n'en a pas fait l'annonce, mais le sujet avait été abordé par Emmanuel Macron dans son programme.

Laurent Berger dit aussi attendre avec impatience la tenue des consultations sur la sécurisation des parcours professionnels, en septembre prochain.

"Il faut à la fois de la performance économique, personne ne remet ça en cause, mais on veut que notre modèle social continue de se baser sur de la solidarité et de la mutualisation."

(Avec Leigh Thomas, édité par Yves Clarisse)


click here for restriction
©2017 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com