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Rencontre Macron-groupe de Visegrad dans un contexte tendu

Rencontre Macron-groupe de Visegrad dans un contexte tendu

Crédit photo © Reuters

BRUXELLES (Reuters) - Emmanuel Macron a rencontré vendredi les dirigeants polonais, hongrois, tchèque et slovaque après sa mise en garde sur le fait que l'Union européenne n'était pas un "supermarché" dont on attend des transferts financiers sans en respecter ses valeurs.

Les déclarations du président français surviennent dans un contexte de tensions entre la majorité des pays européens et certains pays de l'Est, accusés d'enfreindre les libertés et de refuser le principe de solidarité sur la crise des migrants.

La rencontre a montré "la volonté de se comprendre, de s’entendre et de travailler à trouver des positions communes, sans nier les vraies divergences qui s’expriment", a-t-on déclaré à l'Elysée, en assurant que "l’idée n’est pas de scénariser ou de créer une crise ou un conflit" avec ces pays.

Des responsables polonais et tchèque ont dit que la rencontre avait été "très positive" et devait permettre d'établir une meilleure compréhension.

"Nous espérons que le dialogue entre la France et l'Europe centrale sera mené de façon plus ordonnée, sans clichés et formulations qui peuvent parfois être vues comme des stéréotypes ou insultantes", a dit le secrétaire d'Etat polonais chargé des Affaires européennes, Konrad Szymanski, à des journalistes.

Dans un entretien diffusé mercredi, le président français avait déploré l'attitude d'Etats qui "trahissent" par "une approche cynique de l’Union qui servirait à dépenser les crédits sans respecter les valeurs" et il s'était dit pour un "dialogue mais (...) suivi de décisions concrètes". [nL8N1JI50H]

La Commission européenne a ouvert plusieurs procédures, dont une la semaine dernière à l'encontre de la Pologne, de la Hongrie et de la République tchèque, pour non respect du plan de répartition des demandeurs d'asile. [nL8N1JA4DG]

Certains Etats européens veulent réduire les fonds allant à ces pays en guise de rétorsion.

TRAVAILLEURS DÉTACHES

Interrogé sur la question d'éventuelles sanctions, l'entourage d'Emmanuel Macron a répondu vendredi qu'"aucun sujet n’a été évité, ignoré".

Les propos du président français avaient été accueillis fraîchement jeudi par les dirigeants hongrois et polonais, qui participent, avec la République tchèque et la Slovaquie, au groupe dit de Visegrad.

"Le président français est très jeune. Il vient ici pour la première fois (...) ses débuts ne sont pas très prometteurs", avait dit le Premier ministre hongrois, Viktor Orban.

La Première ministre polonaise, Beata Szydlo, avait quant à elle jugé qu'"il est bon de parler des faits, pas d'utiliser des stéréotypes".

Angela Merkel, d'ordinaire soucieuse de ne pas critiquer ouvertement les pays de l'Est, avait soutenu fermement le président français.

"Je crois qu'il était important qu'Emmanuel Macron dise cela à nouveau. L'Allemagne et la France sont totalement sur la même page", avait-elle déclaré.

Lors de la rencontre entre Emmanuel Macron, Beata Szydlo, Viktor Orban, le Premier ministre tchèque, Bohuslav Sobotka, et le Premier ministre slovaque, Robert Fico, les sujets d'actualité du Conseil ont été discutés : la défense, la sécurité, l'immigration, le climat et "l'agenda de protection".

Outre le respect des libertés et le refus d'accueillir des réfugiés, un des points les plus sensibles des échanges qui s'engagent entre le président français et ces pays est la volonté d'Emmanuel Macron de renforcer la lutte contre le dumping social dans l'Union, en durcissant les règles encadrant le travail détaché.

Prié de dire s'il était optimiste quant à la possibilité de durcir ces règles davantage que la proposition faite récemment par la Commission, Emmanuel Macron a estimé jeudi qu'"il y a un changement en Europe", la montée des forces extrémistes incitant les démocrates à mieux protéger leurs citoyens.

Son entourage a déclaré vendredi que s'engageait sur cette question "un travail de conviction qui va être difficile, les divergences subsisteront", en soulignant que l'unanimité des Européens n'était pas obligatoire sur cette question.

(Jean-Baptiste Vey, avec Gabriela Baczynska et le bureau européen de Reuters à Bruxelles)


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