Recul de 0,1% du PIB de la France au 2e trimestre

PARIS (Reuters) - Le coup d'arrêt de l'économie française au deuxième trimestre a été un peu plus marqué qu'annoncé précédemment, avec un recul de 0,1% du produit intérieur brut, indique vendredi l'Insee, corrigeant sa précédente estimation d'une croissance zéro sur la période.

La panne de la demande intérieure (consommation et investissement) explique cette évolution négative, la première depuis le premier trimestre 2013.

Mais l'Insee a confirmé dans le même temps la hausse de 0,7% du PIB au premier trimestre 2016. Et l'acquis de croissance pour l'ensemble de l'année, à savoir l'évolution du PIB si l'activité stagnait complètement au cours des trois derniers trimestres de l'année, reste à 1,1%.

A ce niveau, l'objectif d'une croissance de 1,5% sur 2016 confirmé récemment par le gouvernement n'est pas hors d'atteinte même s'il suppose deux derniers trimestres vigoureux (entre 0,4% et 0,5% chacun).

Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, a assuré en marge d'une conférence de presse sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale que les prévisions de l'Insee n'auraient "aucune conséquence" sur le projet de budget 2017.

"Notre prévision de croissance reste fixée à 1,5%", a-t-il déclaré. "L'acquis de croissance (...), notamment grâce aux très bons résultats du premier trimestre (+0,7%), n'est pas remis en cause. Il reste toujours supérieur à 1% actuellement."

"On va bien sûr attendre les chiffres des troisième et quatrième trimestres pour en tirer des conclusions, qui d'ailleurs ne sont pas toujours définitives puisque l'Insee révise systématiquement et la croissance et le PIB en volume, parfois plusieurs mois, plusieurs semestres plus tard."

Les projections sur le troisième trimestre (Insee et Banque de France) sont pour l'instant de +0,3%.

Par rapport aux précédentes estimations publiées fin août, l'Insee a revu en baisse (0,0 contre +0,1 point) la contribution de la demande intérieure finale au PIB du trimestre, dont la production a été perturbée par le mouvement social dans les raffineries et les manifestations contre la loi Travail.

Mais il a confirmé les contributions du commerce extérieur (+0,6 point) et de la variation des stocks des entreprises (-0,7 point).

Les dépenses de consommation des ménages ont reculé de 0,1% au deuxième trimestre et l'investissement des entreprises de 0,4%.

Sur les trois mois à fin juin, le pouvoir d'achat des Français a progressé de 0,2%, soit nettement moins qu'au premier trimestre (+0,6%).

La consommation des ménages ayant augmenté moins rapidement que leur pouvoir d'achat, leur taux d'épargne progresse à 14,8% contre 14,5% au premier trimestre.

Le taux de marge des entreprises a quant à lui interrompu sa progression, passant de 32,1% sur les trois premiers mois de l'année à 31,7%.

Selon l'institut national de la statistique, le déficit des administrations publiques s'est contracté au deuxième trimestre, à 3,2% du PIB contre 3,4% à fin mars. L'objectif pour l'ensemble de 2016 est de le ramener à 3,3%.

(Yann Le Guernigou, avec Emmanuel Jarry, édité par Jean-Baptiste Vey)


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