Rechute à Wall Street possible après l'euphorie

par Edward Krudy

NEW YORK (Reuters) - Comparer la Réserve fédérale à un centre de désintoxication qui doperait les investisseurs avec des produits de substitution est une plaisanterie récurrente à Wall Street depuis le premier plan de soutien de la Fed il y a près de quatre ans.

La chute de l'histoire est que les malades ont toujours besoin de plus en plus pour être satisfaits et que chaque période d'euphorie est suivie d'un sévère retour de bâton.

Après la frénésie provoquée par l'annonce la semaine dernière d'un plan d'achats de 40 milliards de dollars d'actifs par mois, les marchés devraient être plus sobres cette semaine, les investisseurs cherchant à se faire une idée de l'impact à long terme des mesures, et de l'évolution du reste de l'année.

Ils se tourneront vers les élections américaines de novembre, avec ses débats sur les impôts et les dépenses budgétaires, et sur la baisse des résultats de sociétés.

"Pour l'instant, on a une euphorie de court terme. Mais ensuite se pose la question de savoir vers quoi on se dirige à partir de là", dit Frank Fantozzi, responsable de Planned Financial Services, société de gestion indépendante à Cleveland. "Je pense qu'après une semaine ou deux, si les données fondamentales de l'économie ne changent pas, on verra le marché baisser un peu et on continuera à peiner jusqu'à l'élection."

L'impact sur les marchés du programme de rachats par la Banque centrale européenne (BCE) d'obligations des Etats de la zone euro en difficultés, puis l'engagement de la Fed à soutenir la croissance sans limite, a été spectaculaire. Les indices Dow Jones et S&P 500 ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis près de 5 ans et le Nasdaq s'approche d'un plus haut de 12 ans.

TERRITOIRE GRISANT

Mais vendredi, les fortes hausses de la matinée sur les marchés d'actions se sont régulièrement érodées tout au long de la séance, peut-être un premier signe de la lassitude qui commence lentement à faire son chemin sur les marchés.

"On commence à entrer dans ce territoire grisant où il faut être sur la défensive", commente Richard Ross, stratégiste graphique chez Aubach Grayson à New York. "Tenter de se sortir du dernier mouvement de hausse de 5% quand il y a un potentiel à la baisse de 15 à 20% est à mon avis assez dangereux."

Bien que tous les fortes hausses depuis la crise financière aient coïncidé avec des efforts des banques centrales pour soutenir la croissance, tout le monde n'est pas à l'achat.

Les dernières statistiques font apparaître une hausse modérée de l'intérêt pour les ventes à découvert - un pari sur la baisse des titres - sur les valeurs du S&P 500 au cours des deux dernières semaines d'août, période pendant laquelle les actions montaient en perspective d'une annonce de la Fed.

VOLATILITÉ EN BAISSE

Cette légère augmentation des paris à la baisse pourrait être signifiante, sachant que de septembre 2011 à mai 2012, l'intérêt des investisseurs pour les opérations de ventes à découvert a lourdement chuté, alors que le S&P 500 prenait plus de 20%.

L'un des effets secondaires du plan de la Fed est de faire baisser la volatilité sur les marchés et l'indice CBOE VIX devrait rester près de ses plus bas de 5 ans touchés cet été.

Pourtant, l'activité sur le marché des options montre que certains investisseurs font le pari audacieux que la volatilité va rebondir violemment dans les mois à venir. L'activité d'achats de "call" (options d'achats) sur l'indice - un pari à la hausse de l'indice - est près de son record, à 5.182 millions de contrats, selon les données de Schaeffer Investment Research.

"Il y a vraiment quelqu'un qui anticipe une catastrophe d'ici octobre, dit Todd Salamone, vice-président chez Schaeffer.

L'évolution des cours dépendra aussi beaucoup de la capacité du programme de Fed à doper ou non la croissance.

Les données du marché immobilier aux Etats-Unis, attendues cette semaine, devraient continuer à s'améliorer, tandis que les indices manufacturiers devraient encore se contracter.

"Regardons les choses en face, nous faisons vraiment un saut dans l'inconnu", conclut Nicholas Colas, responsable de la stratégie chez ConvergEx Group à New York.

Juliette Rouillon pour le service français


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