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Pour Hamon, en meeting à Paris, "tout commence aujourd'hui"

Pour Hamon, en meeting à Paris, "tout commence aujourd'hui"

Pour Hamon, en meeting à Paris,
Crédit photo © Reuters

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Benoît Hamon a tenté dimanche de donner un nouveau départ à sa campagne présidentielle en affirmant lors d'un grand meeting à Paris que "tout commence", à 35 jours du premier tour de scrutin, dans le "bruit immense de l'espérance qui vient".

Dans un discours à la fois offensif et positif prononcé devant quelque 20.000 personnes à l'AccorHotel Arena, le candidat socialiste a invité à "réconcilier les Français non seulement avec la gauche mais avec la République".

Il a fustigé une "campagne polluée par l'argent", ciblant d'une même voix le candidat de la droite François Fillon et celui d'En Marche! Emmanuel Macron, obsédés par "leur destin".

"Ils ont peut-être le sens des affaires, moi j'ai le sens de l'Etat (...) J'ai plus le goût de l'Histoire de France que de la grammaire des affaires", a dit celui qui dit briguer l'Elysée pour "préparer notre futur et celui de nos enfants."

"Nous avons rendez-vous face à l'Histoire", a-t-il lancé au début d'un discours d'une heure et demie où il a rappelé les valeurs de la gauche et prôné la "fraternité" dans une France "ouverte, généreuse, solidaire, innovante", où sourd "le bruit de la multitude qui veut être entendue".

"Tout commence aujourd'hui, tout commence avec vous, tout commence par vous", a-t-il dit devant un public fleuri de drapeaux aux couleurs du PS et d'Europe Ecologie-Les Verts, où retentissaient des "Benoît président".

Le candidat du "futur désirable" s'est fait le chantre d'une "nouvelle démocratie sociale et écologique", à l'image du Conseil national de la Résistance qui promettait "les jours heureux" au sortir de la Deuxième guerre mondiale.

Lâché par une partie de son camp, dont le finaliste malheureux de la primaire du PS Manuel Valls, loin des favoris par les sondages d'opinion, Benoît Hamon a reconnu affronter "des vents contraires" depuis le début de la campagne.

"DÉTERMINATION"

Il a regretté le choix de l'ex-Premier ministre de ne pas le parrainer, dénonçant "ce manquement à la parole donnée, ce mépris de l'expression démocratique qui exaspère tant le peuple" et fait selon lui le lit du "Brexit" et du vote Front national.

Dans le Journal du dimanche, Manuel Valls se défend de toute "trahison", estimant agir en "cohérence", alors qu'une partie des socialistes se dit tentée par Emmanuel Macron. [nL5N1GV0U6]

Benoît Hamon a été sévère avec le candidat d'En Marche!, dont il a moqué le projet sur le ton de l'ironie : "Vous êtes chômeurs, créez votre entreprise ! Vous êtes pauvre, devenez milliardaire ! Vous êtes en T-shirt, allez vous acheter un costume, tiens !"

Mettant l'ancien banquier et ministre de l'Economie dans le même sac que François Fillon, il a dénoncé les prétendants à l'Elysée "pour réaliser leur destin" dans "cette campagne polluée par l'argent".

"Nul ne peut servir deux maîtres : la République et l'argent, le peuple et l'argent, la France et l'argent", a prévenu Benoît Hamon.

Après avoir fait respecter une minute de silence à la mémoire des victimes des attentats des ces dernières années en France, le candidat socialiste a fait applaudir le président François Hollande, le Premier ministre, Bernard Cazeneuve, et le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian mais uniquement pour leur action contre le terrorisme.

Il s'est inscrit dans les pas des figures et des acquis de la gauche, citant tour à tour Jean Jaurès, les ouvriers du site sidérurgique de Florange, les 35 heures de Martine Aubry, l'abolition de la peine de mort et le mariage pour tous défendu par l'ancienne ministre de la Justice, Christiane Taubira, présente dans la salle et ovationnée par le public.

"Vous êtes la France, ne baissez pas la tête", a dit Benoît Hamon. "Soyez un peuple fraternel, ouvert, respectueux, anti- raciste. Ouvrez vous au monde!"

"Candidat de la feuille de paye, du pouvoir d'achat, de la France qui se lève tôt", Benoît Hamon a défendu son idée controversée de "revenu universel", qui "n'oppose pas les chômeurs aux travailleurs, il les réconcilie".

Face à l'adversité, Il s'est voulu combatif.

"Je n'ignore rien, mais alors rien, des obstacles qui nous attendent", a-t-il assuré. "Mais vous n'ignorez rien, désormais, de ma détermination".

(Edité par Yann Le Guernigou)


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