ROUEN (Reuters) - Le ministère de la Culture s'est opposé mardi à la restitution par la ville de Rouen
d'une tête de guerrier maori à la Nouvelle-Zélande.
Christine Albanel, ministre de la Culture et de la communication, a fait déposer un recours suspensif
devant le tribunal administratif contre la restitution, qui a eu lieu mardi matin au cours d'une cérémonie.
Pour Christine Albanel, la tête, conservée au Museum des sciences naturelles de Rouen, fait partie des
collections des musées protégées "par un régime juridique particulier, destiné à garantir l'intégrité du
patrimoine de la Nation qui est en principe inaliénable".
Christine Albanel remarque également qu'une telle décision suppose de recueillir au préalable l'avis d'une
commission scientifique, ce qui n'a pas été fait.
La saisie du tribunal administratif n'a pas empêché le maire de Rouen, l'ex-UDF Pierre Albertini, de
procéder à la cérémonie en remettant la tête à Sarah Dennis, ambassadeur de la Nouvelle-Zélande en
France, qui était accompagnée de Tumu Te Heuheu, chef de tribu de ce pays et président du comité du
patrimoine mondial de l'Unesco.
Pierre Albertini explique que Rouen est la première ville française à procéder à une telle restitution de
"restes humains", alors que les autres pays le font "sans aucun problème".
Pour lui, "la tête était en dépôt au Museum et n'a pas fait l'objet d'un classement ". Il indique, par
ailleurs, que le Museum des sciences naturelles est sous la tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur
dirigé par Valérie Pécresse, qui a exprimé un avis favorable.
La tête maorie conservée à Rouen depuis 1875 fera partie d'un lot d'une douzaine d'autres conservées
en Europe et qui seront rapatriées en novembre en Nouvelle-Zélande, où elles seront exposées dans un
musée de Wellington.
Le gouvernement néo-zélandais a formulé, de longue date, une demande de restitution de ces têtes qui
ont, pour le peuple maori, un caractère sacré et qui ont fait l'objet, au XIXe siècle, d'un trafic.
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