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Plusieurs centrales nucléaires pointées du doigt par l'ASN

Plusieurs centrales nucléaires pointées du doigt par l'ASN

par Marion Douet

PARIS (Reuters) - Plusieurs centrales nucléaires présentent un déficit au niveau de la sûreté ou de la protection de l'environnement en France mais la situation reste globalement assez satisfaisante, a déclaré jeudi l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

L'ASN a également précisé, à l'occasion de la remise de son rapport annuel 2011, le calendrier des travaux massifs qu'elle va imposer aux exploitants à la suite de la catastrophe de Fukushima, pour un coût estimé à 10 milliards d'euros.

"Sur le plan de la sûreté et de la radioprotection, la situation est assez satisfaisante", a déclaré Jean-Christophe Niel, directeur général de l'ASN, lors d'une conférence de presse.

Les centrales de Chinon (Indre-et-Loire) et de Saint-Alban (Isère) se détachent cependant défavorablement des 2.071 inspections réalisées l'année dernière, note l'ASN, qui dit avoir convoqué le directeur de cette dernière en raison de défaillances sur la protection de l'environnement.

L'Autorité a évoqué de nouvelles préoccupations dans le domaine du nucléaire dit de "proximité", qui pourrait faire courir des risques aux populations.

"Une de nos préoccupations, c'est l'augmentation des doses de rayonnements ionisants qui sont délivrés aux patients en France", a-t-il dit, soulignant que le recours à l'imagerie médicale avait augmenté de 50% en cinq ans selon un rapport datant de 2010.

L'utilisation de la gammagraphie (technique utilisant des rayons gamma) dans le contrôle des infrastructures ou des monuments préoccupe également l'ASN, après plusieurs incidents survenus en 2011 qui ont présenté des risques importants pour les travailleurs.

L'un d'eux a été classé niveau 2 sur une échelle de gravité qui en compte sept - un niveau plus élevé par exemple que l'incendie et la fuite d'eau radioactive de la centrale de Penly (Seine-Maritime) en avril dernier.

UN "NOYAU DUR" AVANT 2018

En 2011, la catastrophe de Fukushima, classée 6 sur l'échelle de gravité, a montré qu'un accident nucléaire même improbable ne pouvait être exclu en France, selon le gendarme français du nucléaire.

"Si Fukushima était intervenu en France, ou en Europe, nous aurions eu beaucoup de mal à gérer la crise", a déclaré André-Claude Lacoste, président de l'ASN, soulignant que dix années pourraient être nécessaires afin de comprendre les raisons précises de cette catastrophe.

L'ASN a précisé le calendrier et les dispositions des travaux massifs qu'elle avait annoncés en janvier pour améliorer la sûreté des installations nucléaires.

EDF va devoir équiper ses 58 réacteurs d'un système d'alimentation électrique de secours "bunkerisé" - des moteurs diesels notamment - qui devront permet de conserver intactes les fonctions vitales du réacteur en cas d'accident grave.

Dès la fin 2013, une première série de ces moteurs devra être installée dans l'attente du système définitif, plus complet, programmé pour 2018, a précisé Jean-Christophe Niel.

De plus, la force d'action rapide nucléaire (FARN), un groupe d'élite qui devra pouvoir intervenir sur plusieurs réacteurs en moins de 12 heures, doit être totalement opérationnelle fin 2014 au plus tard.

Interrogé sur le coût total de ces mesures pour EDF, André-CLaude Lacoste a estimé que la somme de 10 milliards, conforme aux chiffres évoqués par l'électricien, ne paraissait "pas invraisemblable".

Concernant le site de La Hague (Manche), où sont notamment entreposés les combustibles nucléaires usés, l'ASN demande à Areva des propositions pour améliorer avant fin 2012 la réalimentation des piscines d'entreposage en cas d'accident.

Avec Michel Rose, édité par Patrick Vignal


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