08/02/2008 à 10h54
PARIS (Reuters) - La brigade financière a perquisitionné jeudi les locaux à Paris d'une importante société de courtage liée à la Société
générale, dans l'enquête sur la perte de 4,9 milliards d'euros attribuée au trader Jérôme Kerviel, a-t-on appris vendredi de source judiciaire.
Cet organisme, la Fimat, située sur les Champs-Elysées, devenue au début de l'année Newedge après une fusion avec Calyon Financial,
a assuré un rôle d'intermédiaire dans les engagements financiers du trader sur des contrats à terme portant sur des indices boursiers
européens, les "futures".
Jérôme Kerviel a admis à la police et devant les juges avoir engagé la somme de 50 milliards d'euros et fait des faux pour cacher le fait
qu'il n'avait pas pris d'engagements parallèles pour couvrir le risque, ce qui est la règle dans ce type d'opérations.
Les enquêteurs tentent de comprendre pourquoi cette prise de position n'a pas été détectée. C'est la liquidation de ces positions par la
Société générale entre le 21 et 23 janvier qui a matérialisé la perte de 4,9 milliards d'euros.
Eurex, filiale des bourses allemande et suisse et important marché européen de produits financiers dérivés, s'était alarmé le 7 novembre
auprès du "gestionnaire de risques" de la Société générale des opérations de Jérôme Kerviel, soulignant qu'elles étaient passées pour la
plupart par la filiale anglaise "Fimat futures limited".
Le 24 janvier, Newedge a annoncé que la société ne serait pas touchée financièrement par l'affaire. "Cette fraude a eu lieu en dehors du
périmètre d'activité de Newedge", disait dans un courrier aux clients le directeur général Patrice Blanc.
Thierry Lévêque
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