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Nigel Farage démissionne de la présidence de l'UKIP

Nigel Farage démissionne de la présidence de l'UKIP

Crédit photo © Reuters

par Kylie MacLellan et Elizabeth Piper

LONDRES (Reuters) - Le chef de file de l'UKIP, Nigel Farage, a annoncé lundi qu'il allait démissionner de ses fonctions de président du mouvement britannique eurosceptique, jugeant "avoir fait sa part" après le succès des partisans du "Brexit" au référendum du 23 juin.

"Je n'ai jamais été et je n'ai voulu être un politicien de carrière. En faisant de la politique, mon objectif était de sortir la Grande-Bretagne de l'Union européenne", a-t-il dit.

"Durant ma campagne, j'ai dit 'je veux récupérer mon pays'. Ce que je dis aujourd'hui, c'est 'je veux récupérer ma vie', et cela commence maintenant", a-t-il lancé.

Nigel Farage souhaite malgré tout continuer à soutenir la formation politique qu'il a créée en 1993 et à se rendre à Bruxelles pour surveiller "comme un faucon" les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l'UE.

Après la victoire du Brexit, l'UKIP pourrait demeurer une menace pour les partis traditionnels, travaillistes et conservateurs, dont il a capté une partie de l'électorat ces dernières années.

Lors des élections législatives de 2015, le parti de Nigel Farage a inquiété les conservateurs dans le sud du pays et récupéré une partie des voix de la classe ouvrière dans le nord, bastion traditionnel des travaillistes.

Le système majoritaire à un tour n'a permis à l'UKIP d'envoyer qu'un seul député au Parlement, Douglas Carswell, pressenti comme un possible successeur de Farage dont il apparaît comme un rival.

Mais Douglas Carswell a déclaré lundi à la BBC qu'il ne briguait pas la tête du parti.

La démission de Nigel Farage fait sortir du débat sur les conditions de divorce entre la Grande-Bretagne et l'UE une figure emblématique des eurosceptiques et un grand pourfendeur des institutions européennes.

Sa démission pourrait ouvrir la porte à une personnalité moins clivante, capable malgré tout de continuer à séduire des électeurs déçus par les travaillistes et les conservateurs, ébranlés par le Brexit.

Le Labour traverse une passe difficile depuis que son chef de file, Jeremy Corbyn, a fait l'objet mardi d'une motion de défiance adoptée par une large majorité des députés de son parti, tandis que les Tories se lancent dans une bataille fratricide pour la succession de David Cameron, qui doit démissionner à l'automne.

Sans soutenir aucun des candidats à la présidence du Parti conservateur, Nigel Farage a répété que le prochain Premier ministre devrait être issu des rangs des partisans du Brexit. Sur les cinq postulants, Andrea Leadsom, Michael Gove et Liam Fox ont fait campagne dans le camp de la sortie de l'UE, contrairement à Theresa May, favorite de sondage.

AUCUN PLAN DE SORTIE

Pour le moment, la Grande-Bretagne n'a pas de calendrier de sortie arrêté. De nombreux leaders européens ont prévenu que, si le pays voulait conserver l'accès au marché unique, il devait accepter la liberté de circulation.

L'article 50 du traité de Lisbonne, qui déclenche formellement le processus de négociations, n'a pas encore été invoqué. David Cameron a affirmé qu'il laisserait à son successeur le choix de la procédure de sortie.

Les deux principales candidates à la succession de David Cameron, Theresa May et Andrea Leadsom, ont affiché dimanche leur désaccord sur le calendrier de déclenchement de l'article 50.

La ministre de l'Intérieur Theresa May a indiqué qu'elle ne se précipiterait pas, alors que la secrétaire à l'Energie Andrea Leadsom a au contraire préconisé d'aller vite.

De son côté, Liam Fox, ancien secrétaire à la Défense de David Cameron, a déclaré lundi que l'article 50 devrait être activé avant la fin de l'année, sans forcément avoir recours à un vote du Parlement britannique. Il a ajouté que remettre la liberté de circulation sur la table des négociations serait vécue comme une "trahison" par les Britanniques.

Chacun des candidats s'accordent à dire qu'un retour en arrière n'est pas envisageable, mais beaucoup de membres de la classe politique et d'électeurs opposés au Brexit ne s'attendaient pas à ce résultat.

Mishcon de Reya, un cabinet d'avocats londonien, a annoncé lundi avoir lancé une procédure exigeant que le Parlement, en majorité opposé au Brexit, se prononce sur la sortie britannique de l'Union européenne avant que ne soit formellement enclenché le mécanisme de sortie.

(Paul Sandle et Alistair Smout,; Nicolas Delame pour le service français)


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