Nicolas Sarkozy veut "sanctuariser" le monde scolaire

18/03/2009 à 19h45

par Clément Dossin

GAGNY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - Nicolas Sarkozy a dévoilé des mesures visant à renforcer la lutte contre la délinquance en bandes et à "sanctuariser" les établissements scolaires de toute forme de violence.

Après une visite à la préfecture de police de Paris, le chef de l'Etat s'est rendu au lycée Jean-Baptiste Clément de Gagny, en Seine-Saint-Denis, où une bande a mené une expédition punitive la semaine dernière qui a fait une dizaine de blessés.

"Ce qui s'est passé à Gagny doit nous servir de leçon (...) Je n'ai pas l'intention de laisser se développer ce genre d'actes scandaleux", a-t-il assuré au personnel de l'établissement, précisant que les auteurs présumés des faits avaient été arrêtés et seraient "sévèrement condamnés".

Il s'est ensuite rendu au commissariat de police de la ville en compagnie des ministres de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, de la Justice, Rachida Dati, et de l'Education nationale, Xavier Darcos.

"Les établissements scolaires, surtout dans les quartiers sensibles, doivent être protégés et sanctuarisés de toute forme de violence", a-t-il déclaré.

"Résolu à ne pas laisser le dernier mot" aux délinquants, Nicolas Sarkozy a demandé à Rachida Dati de durcir la loi à l'encontre des membres de bandes organisées et des auteurs de violence contre les enseignants.

Le président de la République a ainsi annoncé la création d'une peine de trois ans d'emprisonnement pour punir "le fait de faire partie, en connaissance de cause, d'un groupement, même formé de façon temporaire, poursuivant le but de commettre des atteintes volontaires contre les personnes ou certains biens".

"Le fait même d'être membre d'une bande doit être un délit", a-t-il déclaré, rappelant que le nombre de bandes en France est estimé à plus de 200, dont 80% dans la région parisienne.

Nicolas Sarkozy souhaite que l'intrusion sans autorisation dans un établissement scolaire soit désormais considérée, "non plus comme une contravention mais comme un délit".

Une enquête doit permettre dans un délai de dix jours d'identifier les 100 à 200 établissements les plus touchés par les intrusions.

Il veut également que les agressions contre les personnels de l'Éducation nationale soient aggravées - comme c'est le cas pour les agents dépositaires de la force publique - dans le but de mieux protéger les enseignants au sein, mais aussi à l'extérieur, des établissements scolaires.

"FERMETÉ ET JUSTICE"

Une vingtaine de jeunes gens avaient fait irruption la semaine dernière dans l'enceinte du lycée Jean-Baptiste Clément et s'étaient rendus dans une salle de permanence où ils avaient frappé élèves et professeurs avec des barres de fer et des marteaux.

D'autres incidents violents, dans des établissements scolaires ou à leur proximité, ont eu lieu ces dernières semaines dans le Val-d'Oise.

Faisant aussi référence aux incidents du week-end dernier aux Mureaux (Yvelines), où des policiers ont essuyé des jets de pierre et des tirs de petits plombs, Nicolas Sarkozy a déclaré : "Ouvrir le feu sur des policiers, envahir un lycée en bande armée, ce sont des actes qui témoignent d'une perte de tout repère, de toute limite."

"Quand on lapide un gendarme ou un policier, quand on frappe un professeur, c'est à la République que l'on s'en prend", a-t-il ajouté. "Si des voyous voulaient tester la République, ils ont la réponse de la République : la fermeté et la justice."

Afin d'améliorer la lutte contre la délinquance en bandes, le chef de l'Etat a demandé à Michèle Alliot-Marie de lui soumettre avant l'été "une réforme du commandement de la fonction de sécurité qui tienne compte de la logique d'agglomération", et pas seulement de la logique de département.

Il a annoncé comme objectif la constitution de cent unités territoriales de quartiers (UTeQ) dès la fin 2010, et non pas en 2012 comme initialement prévu, tout en se défendant de vouloir remettre sur pied la police de proximité.

"Ce dispositif est aux antipodes de l'esprit de la police de proximité, qui consistait à organiser des tournois de football pour être sûr que l'uniforme serait accepté", a-t-il dit.

Vingt-trois compagnies de sécurisation, composées chacune de 150 fonctionnaires formés au maintien de l'ordre dans les quartiers sensibles, devront aussi voir le jour avant fin 2010.

Enfin, Nicolas Sarkozy souhaite la création d'un fichier dédié aux violences urbaines et aux phénomènes de bandes.

"Le choeur des bien-pensants va se déchaîner au seul mot de fichier mais cela n'a aucune espèce d'importance", a-t-il dit.

Édité par Yves Clarisse


read below for restriction ©2012 Reuters  Reuters

12 réactions à cet article : participez à la discussion

  1. le 19/03/2009 à 05h10 Par lolilfl

    je pense que beaucoup de personnes on pris au premier degres tes propos

  2. le 18/03/2009 à 21h26 Par thevenet

    Vu la grande connaissance qu'a Michel du monde moderne, je pense que tout le monde devrait prendre de la graine sur ses conseils ! y compris sarko

  3. le 18/03/2009 à 21h23 Par zoubirimichel

    Le dégagement de 20 % des fonctionnaires inutiles dans les communes seraient indispensable et 40 % des ffeinéants qui bullent dans les conseils généraux et à la région., virez ous les professeurs d'art platisque, limaces pour des vrais à la fibre artistique.
    Tous le professeurs de français , d'histoires et géographie ne travaillant qu'avec des résumés et faisant un deuxième boulots , sans compter les cours privés. etc

  4. le 18/03/2009 à 21h19 Par thevenet

    Là tu commences à prendre des risques.
    Dis moi pas que tu voudrais rajouter des profs..... C'est à tes risques et péril.

    Parce que si c'est la police et les CRS tout le monde comprendra !

  5. le 18/03/2009 à 21h10 Par chrisgold

    Il y a des fonctionnaires qui font leur travail.

    Au risque de choquer sur ce forum, il y en a peut être pas assez là où il faudrait.

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