par Elizabeth Pineau
CITE DU VATICAN (Reuters) - "C'est très émouvant pour moi d'être reçu par vous, très Saint-Père". En
visite officielle au Vatican, Nicolas Sarkozy a eu une audience avec le pape Benoît XVI, qu'il rencontrait pour la
première fois.
Le président de la République, qui est catholique, a été reçu par le souverain pontife au terme d'un cérémonial
précis.
Arrivé avec un quart d'heure de retard dans la cour Saint-Domase, bordées de fenêtres sur laquelle donnent
les appartements du pape, il a été accueilli par le préfet de la maison pontificale, James Michael Harvey.
Comme le veut la coutume pour les chefs d'Etat, Nicolas Sarkozy a ensuite arpenté une partie des salles
richement décorées d'un pas lent, précédé par une dizaine d'"ambassadeurs" en costume sombre. Sur leur
passage, les gardes suisses à tenue rayée et casque à plume rouge se mettaient au garde-à-vous.
La rencontre avec le pape a eu lieu dans la salle du trône, voisine du bureau du Saint-Père, où l'on peut
notamment admirer des tableaux de Raphaël.
"Bonjour M. le président, soyez le bienvenu", lui a dit Benoît XVI dans un français parfait.
"Très Saint-Père, merci de me recevoir", lui a répondu Nicolas Sarkozy à voix basse.
Les deux hommes ont ensuite eu 25 minutes d'entretien - cinq minutes de plus que prévu par le protocole -
dans la bibliothèque, autour d'un vaste bureau.
Les premiers mots du président ont été pour féliciter le pape de la qualité "remarquable" de son français.
"Je l'ai appris au lycée, à l'école en Bavière", lui a répondu le souverain pontife d'origine allemande, qui portait
sur son habit blanc une mozette d'hiver, petite cape rouge bordée d'hermine, ainsi qu'une étole rouge et or, signe
qu'il recevait un chef d'Etat catholique.
Selon un communiqué publié par le Vatican, les "entretiens cordiaux" ont permis de constater "les bonnes
relations qui existent entre l'Eglise catholique et la République française, ainsi que le rôle des religions, en
particulier de l'Eglise catholique, dans le monde".
SARKOZY CONSULTE SES SMS
Toujours selon le Saint-Siège, les deux hommes ont évoqué la situation internationale, notamment "l'avenir de
l'Europe", le Moyen Orient, "les problèmes sociaux et politiques de certains pays africains" et "le drame des
otages".
Rien n'a filtré quant à l'évocation de sujets plus polémiques comme le travail le dimanche, la simplification de la
procédure de divorce ou la politique d'immigration de la France.
Après l'entretien, Nicolas Sarkozy a été rejoint par la délégation française. L'ancien ministre Dominique
Perben, le maire de Marseille Jean-Claude Gaudin, l'écrivain Max Gallo, le "prêtre des banlieues" Guy Gilbert ou
encore l'humoriste Jean-Marie Bigard ont tour à tour été présentés au pape par Nicolas Sarkozy, ainsi que
quelques journalistes.
"Ils m'accompagnent autour du monde mais ils ne sont pas toujours gentils avec moi !", a plaisanté le président.
Malgré la solennité du moment et bien qu'à quelques centimètres du pape, Nicolas Sarkozy a subrepticement
consulté un message sur son téléphone portable.
Le pape a offert une médaille pontificale au chef de l'Etat, qui lui a donné en retour trois livres : "La Joie" et
"L'Imposture", de Georges Bernanos, et son propre ouvrage "La République, la Religion et l'Espérance" paru
avant son arrivée à l'Elysée, dans une édition spéciale recouverte de cuir rouge.
Après un entretien avec le "Premier ministre du Vatican", le cardinal Tarcisio Bertone, Nicolas Sarkozy a
ensuite visité la basilique Saint-Pierre de Rome, la plus grande église du monde, avant de se recueillir sur la
tombe de feu le pape Jean Paul II.
Après un déjeuner privé dans un grand restaurant de Rome, Nicolas Sarkozy devait assister à une cérémonie à
l'archibasilique Saint-Jean de Latran où lui sera décerné titre de "chanoine d'honneur" attribué aux plus hauts
dirigeants français depuis Henri IV.
En fin de journée à Rome, il aura un entretien avec le président italien Gorgio Napolitano. Un dîner sur le thème
de l'Union méditerranéenne est ensuite prévu avec le président du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez
Zapatero et le président du Conseil italien, Romano Prodi.
read below for restriction ©2012 Reuters


