Nicolas Sarkozy a travaillé sa place à l'international au G8

par Emmanuel Jarry

HEILIGENDAMM, Allemagne (Reuters) - Un mois après son élection à la présidence de la République française, Nicolas Sarkozy s'est attaché pendant le sommet du G8 à se faire une place sur la scène internationale, avec l'appétit de conquête montré pendant sa campagne présidentielle.

Le nouveau chef de l'Etat semble avoir pris sans peine la place de son prédécesseur, Jacques Chirac, qui était devenu le vétéran de ce club très fermé après 12 ans à l'Elysée.

Avec le même activisme qu'en politique intérieure, il a multiplié les initiatives sur tous les fronts pendant 48 heures, de séances plénières en rencontres bilatérales, dans un vaste complexe hôtelier de luxe de la plus ancienne station balnéaire allemande, Heiligendamm, au bord de Mer la Baltique.

"On est en permanence en réunion", affirmait jeudi soir avec gourmandise Nicolas Sarkozy, qui est apparu très à l'aise dans ce nouveau rôle et a engrangé les invitations officielles, notamment aux Etats-Unis, en Russie, en Chine et au Japon.

L'énergie déployée par Nicolas Sarkozy n'a cependant pas toujours été récompensée comme il l'aurait souhaité.

Sa proposition de "solution médiane" pour le Kosovo, afin d'éviter un véto russe sur l'indépendance de la province serbe au Conseil de sécurité de l'ONU, a ainsi fait long feu.

"Les choses ne progressent pas", a-t-il admis vendredi après-midi lors de sa conférence de presse finale. Et la chancelière allemande Angela Merkel, hôte du G8, s'est déclarée opposée à un report d'une décision sur le statut du Kosovo.

S'il a obtenu une déclaration unanime sur le Darfour, le verre n'est en revanche pas totalement rempli en ce qui concerne la lutte contre le réchauffement climatique.

Le communiqué final affirme : "Dans la fixation d'un objectif global de réduction des émissions (de gaz à effet de serre ...) nous considèrerons sérieusement les décisions de l'Union européenne, du Canada et du Japon qui comportent la réduction d'au moins la moitié des émissions d'ici 2050."

Nicolas Sarkozy et Angela Merkel auraient voulu que le G8 fixe un objectif contraignant et "impératif" mais n'ont pu convaincre le président américain George Bush de sauter le pas.

Le président français a cependant salué jeudi un résultat "assez inespéré" et des avancées "significatives".

"J'AI MEME DIT A M. POUTINE ..."

"Encore ce matin, le président Bush a confirmé qu'il s'engageait sur la perspective de la réduction de 50% et il l'a fait pour convaincre l'Inde et la Chine de s'engager également dans la réduction des gaz à effet de serre", a-t-il précisé vendredi après-midi.

Il s'est également réjoui que ce sommet du G8 ait "permis de conforter le cadre des Nations unies" pour les négociations sur la lutte contre le réchauffement climatique.

Pendant 48 heures, il a occupé le terrain médiatique, s'exprimant sur tous les dossiers. Il ainsi plaidé pour un "durcissement des sanctions" à l'encontre de l'Iran, pour amener les Iraniens à négocier sur le nucléaire, et annoncé l'envoi de 150 militaires français supplémentaires en Afghanistan.

Le hasard des rencontres bilatérales a voulu qu'il annonce vendredi matin à la presse, pratiquement en même temps que la Maison Blanche, la "légère indisposition" de George Bush, qui a éloigné le président américain de séances de travail avec les dirigeants de pays africains et "émergents".

Il a également montré tout au long du sommet une certaine complicité avec Vladimir Poutine, tout en assurant tenir au président russe un langage de "franchise".

"J'ai même dit à M. Poutine que la Yougoslavie c'était fini (...) J'ai même été jusqu'à dire que Yalta c'était fini", a-t-il fanfaronné vendredi lors de sa conférence de presse.

A plusieurs reprises, ils ont cependant été vus discutant et riant ensemble, à l'écart des autres dirigeants. La presse a publié des photos montrant Nicolas Sarkozy en conversation téléphonique la main sur l'épaule de Vladimir Poutine et lui tendant son portable.

Selon un conseiller du Kremlin, Sergueï Prikhodko, le président russe "a été impressionné par l'ouverture, l'énergie et la cohérence du président Sarkozy".

"Je suis sûr que leur relation va bien se développer", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"Merci Nicolas de ton énergie", avait pour sa part déclaré jeudi Angela Merkel, après une intervention du président français sur la mondialisation.

L'épouse de Nicolas Sarkozy, Cécilia, a aussi joué son rôle, bien qu'elle soit restée moins de 24 heures à Heiligendamm.

Le couple présidentiel, qui a traversé une crise en 2005-2006, est descendu main dans la main d'avion, mercredi, à son arrivée. Et l'élégance de Cécilia Sarkozy a fait sensation auprès des milliers de photographes et de journalistes.


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