par Emmanuel Jarry
PARIS (Reuters) - La négociation syndicats-direction-Etat sur le plan de restructuration de PSA, notamment sur l'avenir du site d'Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, commencera le 25 octobre, a annoncé samedi le ministre du Redressement productif.
Selon les délégués syndicaux d'Aulnay, une séance consacrée à ce site, dont la direction du constructeur automobile a annoncé la fermeture en 2014, aura aussi lieu le 8 novembre.
"Notre souhait (...) est d'engager une négociation au plus haut niveau avec le gouvernement (...), M. (Philippe) Varin, le président du groupe PSA, et chacun des syndicats ", a déclaré Arnaud Montebourg, après une heure et demie de discussions avec l'intersyndicale d'Aulnay, en marge du Mondial de l'Automobile.
Il a précisé qu'il piloterait cette négociation tripartite avec le ministre du Travail, Michel Sapin.
"Le gouvernement est donc parfaitement impliqué dans cette négociation, qui commence le 25 octobre", a-t-il ajouté.
Le ministre du Redressement productif, qui avait jugé dans un premier temps inacceptables le plan de restructuration de PSA et ses 8.000 suppressions de postes en France, ne parle plus aujourd'hui que de limiter la casse.
"Pour nous, l'objectif c'est d'abord de réduire, de reformater, de rediscuter le plan social", a-t-il déclaré à l'issue de sa rencontre avec les syndicats d'Aulnay.
"Le travail que nous faisons est un travail (...) pour que le plan social soit strictement proportionné aux nécessités de la relance de Peugeot. Mais il ne peut pas y avoir de dégâts sociaux, humains et industriels excessifs", a-t-il ajouté.
L'autre objectif du gouvernement est de faire en sorte que PSA s'engage dans un processus de "reconquête" des marchés, a poursuivi Arnaud Montebourg.
"Nous avons besoin que PSA, qui est une très grande entreprise, un grand constructeur, qui a fait beaucoup pour la France (...) soit engagé sur le chemin de la relance."
Une déclaration qui n'a pas entièrement convaincu Jean-Pierre Mercier, délégué CGT de l'usine d'Aulnay.
MANIFESTATION MARDI
"On a obtenu déjà une première réunion nationale le 25 octobre et une réunion au niveau d'Aulnay le 8 novembre", a-t-il déclaré. "Ce qu'on n'a pas obtenu du gouvernement et de M. Montebourg c'est qu'il suspende le plan de licenciements."
Jean-Pierre Mercier a estimé que le gouvernement devait "fermer le robinet des aides publiques" au constructeur automobile pour contraindre PSA à retirer son plan social.
"On ne peut pas négocier sereinement le couteau sous la gorge", a-t-il souligné. "Les licenciements ne sont pas négociables (...) Ce plan doit être suspendu."
"Nous, on est pour qu'il n'y ait pas de dégâts du tout du côté des salariés. Nous, on veut obtenir des garanties sérieuses sur le maintien de tous les emplois et des salaires."
Jean-Pierre Mercier a précisé que l'intersyndicale d'Aulnay voulait un accord écrit en ce sens entre la direction, les syndicats et le gouvernement.
Il a rappelé que des salariés de PSA mais également de Renault, des pneumatiques Goodyear et du sidérurgiste ArcelorMittal entendaient manifester mardi matin au Mondial de l'Automobile contre la multiplication des plans sociaux en France.
Arnaud Montebourg était arrivé en début de matinée au volant d'une Zoe, la voiture électrique de Renault, au parc des expositions de la Porte de Versailles, à Paris, où se tient depuis une semaine ce Mondial de l'Automobile et où il était attendu par des salariés de l'usine PSA d'Aulnay.
Le président François Hollande avait promis le 20 septembre une négociation tripartite (direction-syndicats-Etat) sur l'avenir du site PSA d'Aulnay-sous-Bois et celui de Rennes (Ille-et-Vilaine), où 1.400 emplois sont menacés.
Avant de rencontrer Arnaud Montebourg, Tanja Sussest, déléguée du syndicat SIA, a déclaré aux journalistes présents Porte de Versailles que les salariés du site d'Aulnay voulaient la date de la réunion tripartite.
"On veut mettre notre grain de sel dans la composition de cette tripartite. On ne veut pas que ce soit le concierge de l'avenue de la Grande Armée (siège de PSA) qui vienne mais des gens qui ont des pouvoirs de décision", avait-elle ajouté.
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