Mittal et Paris devraient jouer les prolongations sur Florange

par Julien Ponthus et Emmanuel Jarry

PARIS/BRUXELLES (Reuters) - Le gouvernement français et le géant de l'acier ArcelorMittal devraient continuer au moins jusqu'à samedi leurs négociations sur l'avenir du site sidérurgique de Florange, ont indiqué vendredi plusieurs sources proches des négociations.

"C'est probablement pour samedi", a indiqué l'une des sources, un avis partagé des deux côtés d'un bras de fer dont l'enjeu, une possible nationalisation du site, constituerait un tournant du quinquennat de François Hollande.

Initialement prévu pour s'achever ce vendredi à minuit, le délai fixé par le géant de l'acier pour clore les négociations n'est pas gravé dans le marbre et des sources gouvernementales françaises évoquaient dès mercredi la possibilité de discuter durant le week-end.

En officialisant le 1er octobre l'arrêt des hauts fourneaux, ArcelorMittal, avait laissé deux mois au gouvernement pour lui permettre de trouver un investisseur pour la phase à chaud jugée non rentable dans le contexte morose actuel.

Faute de repreneur pour l'amont, le gouvernement a émis l'hypothèse de nationaliser l'intégralité du site, donc également la rentable et stratégique "phase à froid" dont ArcelorMittal n'entend pas être dépossédé.

Le gouvernement français a indiqué à plusieurs reprises être déterminé à défendre l'emploi et l'activité du site mais n'a jamais explicitement promis de sauver les hauts fourneaux de Florange.

"IL NOUS A RAMENÉ DES CROISSANTS"

L'hypothèse que l'Etat se satisfasse d'une garantie de l'emploi, sans pour autant maintenir la phase à chaud, reste donc d'actualité même si une possible nationalisation demeure l'objet de toute l'attention médiatique.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, est allé voir vendredi matin à l'heure du petit-déjeuner les représentants des salariés de Florange, qui campent sur le parvis du ministère de l'Economie.

"Il nous a ramené des croissants et on a bu le café ensemble", a déclaré à Reuters le délégué CFDT Edouard Martin, à la pointe depuis des mois de la bataille des salariés de Florange pour la défense de leurs hauts-fourneaux.

"Mais il n'a fait aucune déclaration, sinon que le dossier est sur le bureau de l'Elysée et que c'est le président de la République seul qui prendra la décision", a ajouté le syndicaliste, sur la route du retour vers la Moselle.

"Il (Arnaud Montebourg) nous a dit que ce n'était pas lui qui maîtrisait l'agenda de l'Elysée. Mais il pense que ça ne sera pas aujourd'hui, qu'il y a plus de probabilité que ce soit demain", a précisé Edouard Martin.

Le responsable cédétiste a dit n'avoir aucune information sur la position de Mittal et sur le repreneur éventuel, auquel le ministre a fait allusion mercredi à l'Assemblée nationale en évoquant un industriel prêt à mettre 400 millions d'euros sur la table.

"M. Montebourg ne veut pas s'exprimer et nous a informé que le repreneur lui-même ne veut pas que son nom apparaisse. Il ne sortira du bois que lorsque le gouvernement aura pris position", a expliqué Edouard Martin.

"QU'IL N'OUBLIE PAS LA MERGUEZ"

"On est toujours dans l'angoisse de la réponse parce qu'on a tellement été échaudé dans le passé", a-t-il ajouté avant d'adresser un message personnel au président François Hollande :

"Qu'il n'oublie pas la merguez qu'il a mangé avec nous à Florange le 24 février (pendant la campagne de l'élection présidentielle). Il comprendra, il sait ce que ça veut dire."

Pour la CFDT, la nationalisation transitoire de l'ensemble du site mosellan d'ArcelorMittal est la seule solution et le seul moyen de pression sur le groupe sidérurgique.

"Mittal ne veut pas vendre. Donc seul l'Etat peut le contraindre à céder le site moyennant indemnisation, pour après le transférer à un repreneur", estime Edouard Martin.

Selon le syndicaliste, Arnaud Montebourg a assuré il y a quelques jours aux représentants des salariés de Florange que cette opération ne coûterait rien aux contribuables français.

Il a évoqué la possibilité pour l'Etat de vendre certaines de ses participations pour financer l'opération et le ministre du Budget Jérôme Cahuzac a dit de son côté que l'Etat avait les moyens techniques d'opter pour une nationalisation.

Julien Ponthus, Emmanuel Jarry, Chine Labbé et Phil Blenkinsop à Bruxelles édité par Marc Joanny


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