Marylise Lebranchu, une proche d'Aubry à la Réforme de l'Etat

PARIS (Reuters) - Marylise Lebranchu, élue bretonne très proche de la patronne du Parti socialiste Martine Aubry, fait une entrée-surprise au gouvernement à la Réforme de l'Etat, la Décentralisation et la Fonction publique.

Ce sera son deuxième portefeuille ministériel après celui de la Justice dans le gouvernement de Lionel Jospin en 2000-2002.

A 65 ans, la députée du Finistère élue à l'Assemblée depuis 1997 et ex-maire de Morlaix (1995-1997) prend un poste qui fait figure de "signe" en direction de Martine Aubry.

Cette dernière a renoncé à entrer au gouvernement après s'être fait "souffler" Matignon par Jean-Marc Ayrault.

Caractère jovial, répugnant aux éclats, mariée et mère de trois enfants, Marylise Lebranchu n'est pas un poids lourd du PS mais a été choisie sans doute pour son implantation chez les élus locaux, car elle occupe depuis 2010 la présidence de la puissante Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNSER).

Avec des régions, des départements et des grandes villes en grande majorité socialiste, elle aura notamment la mission de mener à bien un nouvel acte dans la décentralisation, annoncé par le président Hollande dès son investiture.

Née le 25 avril 1947 à Loudéac (Côtes-d'Armor), elle a fait des études d'histoire et de géographie, passant une maîtrise d'aménagement du territoire.

Chargée de cours à l'université de Bretagne occidentale, chargée d'études à la Société d'économie mixte d'équipement du Nord-Finistère, elle a approché la politique en devenant assistante parlementaire de Marie Jacq, député socialiste du Finistère de 1978 à 1993.

Adhérente du PSU en 1972, puis du PS en 1977, elle a entamé véritablement sa carrière en 1983 en entrant au conseil municipal de Morlaix, avant d'en devenir brièvement le maire de 1995 à 1997.

Longtemps "rocardienne" au sein du PS, elle a ensuite rejoint Lionel Jospin.

Après trois années comme secrétaire d'Etat aux PME Commerce, à l'Artisanat et à la Consommation, sa nomination à la Justice en 2000-2002 n'avait pas été vraiment considéré comme un signe de reconnaissance, au moment où les "affaires" menaçaient le président d'alors Jacques Chirac et la cohabitation avec Lionel Jospin s'envenimait.

L'élue bretonne avait au contraire été choisie pour sa faible "surface" politique et son profil jugé inoffensif, estimaient alors les milieux politiques. Elle s'était en effet acquitté, sur le terrain des "affaires", du mandat de non-intervention reçu de Lionel Jospin.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal


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