PARIS (Reuters) - Des milliers de cheminots, électriciens et gaziers ont manifesté à Paris et dans plusieurs villes de province contre la
réforme des régimes spéciaux de retraite, avec le renfort ponctuel d'étudiants.
A Paris, 5.000 manifestants, selon la préfecture de police, et 25.000 d'après la CGT, ont défilé de la gare Montparnasse à celle Austerlitz
au sein d'un cortège conduit par Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, notamment.
"Sarkozy augmente la fracture sociale", pouvait-on lire sur une banderole.
Didier Le Reste, le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots, a souligné avoir appelé à la poursuite de la grève dans
l'attente d'une réponse du gouvernement aux propositions de son organisation syndicale.
Des manifestants ont cependant exprimé leur déception ou leurs craintes de voir les leaders syndicaux négocier en définitive de simples
aménagements de la réforme.
"Je pense qu'on n'aurait pas dû discuter tout de suite, comme le gouvernement a posé ce préalable que de toute façon on n'allait plus avoir
nos régimes spéciaux. On discute pour quoi ? Pour essayer de récupérer des miettes ?", demande Marianne Dussaud, 50 ans, salariée
EDF.
Même crainte de la part d'Alain Bonnal, un retraité de 68 ans. "Il n'y a pas grand-chose à négocier à mon avis, il y aura certainement des
miettes, mais ça ne sera pas ce qu'on demande".
A Toulouse, près de 2.500 manifestants selon la police, plus de 3.000 selon les organisateurs, ont défilé à la mi-journée dans les rues du
centre-ville.
L'intersyndicale des cheminots de la Haute-Garonne défilait en tête du cortège.
"Les privilèges à EDF-GDF - Pas à Neuilly", "La retraite des députés pour tous" ou bien encore "Pour un service public de proximité"
scandaient les manifestants.
Près de 400 étudiants des facultés toulousaines en grève du Mirail et de Paul Sabatier fermaient le cortège en brandissant une immense
banderole : "Solidarité avec les travailleurs en lutte."
A Bordeaux, réunis en assemblée générale dans leurs locaux de la gare Saint-Jean où 72% des votants se sont prononcés pour la
poursuite de la grève jeudi, les cheminots ont ensuite été rejoints par les personnels d'EDF et GDF avec lesquels il sont défilé dans la ville
derrière une banderole "Cheminots : retraite-pouvoir d'achat, ensemble on va gagner."
Les manifestants ont été rejoints sur leur parcours par quelques dizaines d'étudiants avant de se rendre devant la préfecture.
A Rouen, 2.700 à 3.000 cheminots, gaziers et électriciens, selon les sources - ont manifesté sous l'égide des syndicats CGT, CFDT, FO et
SUD.
Partisans d'un nivellement de la retraite par le haut, ils affirmaient : "37,5 années pour tous, c'est ça l'égalité."
Le cortège était suivi d'environ 500 étudiants dont l'un d'eux expliquait qu'il défilait "par solidarité avec les cheminots et pour nos propres
revendications", notamment le retrait de la loi sur l'autonomie des universités.
read below for restriction ©2012 Reuters


