PARIS (Reuters) - Le tribunal correctionnel de Paris a levé le mandat d'arrêt international lancé en janvier 2004 contre Pierre Falcone, principal suspect de l'affaire des ventes d'armes présumées illicites à l'Angola.
Cette décision a été prise avec l'accord du parquet de Paris, qui, à l'audience, s'est engagé à interrompre immédiatement la diffusion du mandat.
Pierre Falcone, à qui le tribunal a restitué son passeport français, pourra donc se présenter au procès à Paris de l'affaire où il est poursuivi pour "commerce illicite d'armes, trafic d'influence, abus de biens sociaux". L'audience est prévue fin 2008.
Pierre Falcone pourra aussi comparaître à partir de lundi prochain à Paris dans un autre procès visant des ventes d'armes d'une société para-publique, la Sofremi.
Quarante-deux personnes, dont Jean-Christophe Mitterrand, Jacques Attali et Charles Pasqua, doivent comparaître dans le procès "Angola" qui porte sur des ventes d'armes d'un montant de 790 millions de dollars à ce pays entre 1993 et 2000.
Pierre Falcone, Français de 52 ans, et son associé Arcady Gaydamak, 54 ans, Israélien d'origine russe, qui est toujours sous mandat d'arrêt international et réside en Israël, assurent que ces transactions étaient légales.
L'affaire a provoqué une crise diplomatique entre la France et l'Angola. Ce pays a permis à Pierre Falcone, emprisonné pendant un an en 2000-2001 puis libéré sous contrôle judiciaire avec retrait de son passeport français et versement d'une caution de dix millions d'euros, de quitter la France en 2003.
Pierre Falcone s'est vu en effet attribuer un passeport diplomatique angolais au titre de la représentation de ce pays à l'Unesco. Ce passeport lui confère en théorie une immunité.
RENCONTRE SARKOZY-SANTOS
La levée du mandat d'arrêt lancé par le juge d'instruction Philippe Courroye intervient dix jours après une entrevue le 24 septembre, au siège de l'Onu à New York, entre Nicolas Sarkozy et le président angolais José Eduardo Dos Santos.
"Je crois pouvoir dire qu'une page est définitivement tournée, celle des mauvaises relations entre l'Angola et la France", avait déclaré alors le président français. Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il se rendrait en Angola en 2008.
Pierre Falcone et Arcady Gaydamak se sont partagés selon le dossier un bénéfice de 400 millions de dollars. Ils ont acheté chars, hélicoptères, pièces d'artillerie, lance-roquettes, navires de guerre, mines et armements d'infanterie en Europe de l'Est et les ont vendus à l'Angola par l'intermédiaire de la société parisienne Brenco et de sa filiale slovaque ZTZ-Osos.
Cette transaction nécessitait selon l'accusation une autorisation officielle française, ce que conteste la défense. Les armes ont permis au président dos Santos de régler victorieusement en 2002 le conflit engagé dans les années 70 avec la guérilla de l'Unita, dirigée par Jonas Savimbi.
Pierre Falcone est aussi mis en cause pour "abus de biens sociaux" pour avoir versé à Eduardo dos Santos 37 millions de dollars sur un compte au Luxembourg.
Il est enfin poursuivi pour avoir rémunéré différentes personnes : 2,6 millions de dollars à Jean-Christophe Mitterrand, fils aîné de l'ancien président, 160.000 dollars pour Jacques Attali, ex-conseiller de ce même président, 229.000 euros à l'association France-Afrique-Orient de Charles Pasqua et 450.000 dollars à titre personnel, 380.000 euros à l'écrivain Paul-Loup Sulitzer.
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