Les Français massivement contre une hausse de CSG, selon l'Ifop

PARIS (Reuters) - Les Français sont massivement contre une hausse de la contribution sociale généralisée (CSG) pour financer un "choc de compétitivité" en faveur des entreprises, selon un sondage de l'Ifop pour Sud-Ouest Dimanche.

Seuls 29% des 1.004 personnes interrogées jeudi et vendredi seraient favorables à une telle hausse pour compenser une baisse des cotisations sociales patronales, une des pistes qui seraient actuellement étudiées par le gouvernement.

"Alors que certaines sources ont fait état de réflexions au niveau gouvernemental autour de mesures pouvant créer un 'choc de compétitivité', la mise en place d'un tel dispositif se heurterait aujourd'hui à un puissant rejet dans l'opinion publique", commente l'Ifop.

Les personnes interrogées sont 70% à se dire opposées à une augmentation de la CSG pour financer un tel "choc".

"Sociologiquement parlant, toutes les catégories sont majoritairement réfractaires (...) mais le rejet est plus marqué parmi les ouvriers (77%) que parmi les cadres supérieurs et les professions libérales (61%)", précise l'Ifop.

Les sympathisants de gauche favorables à la mesure (37%) sont un peu plus nombreux que ceux de droite (21%).

L'Ifop souligne que 69% des sympathisants de l'UMP étaient pourtant favorables au projet de "TVA sociale" voté à la fin du quinquennat de Nicolas Sarkozy mais abrogé par la nouvelle majorité de gauche issue des élections du printemps.

Le gouvernement actuel a commandé à Louis Gallois, ex-patron de la SNCF et d'EADS, un rapport sur la compétitivité des entreprises françaises, qu'il doit rendre le 5 novembre, selon le ministre de l'Economie, Pierre Moscovici.

Lors des rencontres économiques d'Aix-en-Provence, en juillet, Louis Gallois, aujourd'hui Commissaire général à l'investissement, a prôné un transfert de 30 à 50 milliards d'euros de cotisations sociales patronales sur la CSG, les taux intermédiaires de la TVA, voire la fiscalité des retraités.

La présidence de la République semble plutôt envisager un transfert étalé sur plusieurs années - une "trajectoire de compétitivité" plutôt qu'un "choc", selon la formule du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, et de Pierre Moscovici.

Emmanuel Jarry


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