PARIS (Reuters) - François Bayrou estime que les Français imposeront un jour l'introduction de la proportionnelle aux élections législatives pour mettre fin à un système "injuste".
"Il faudra un jour remplacer cette loi électorale injuste par une loi électorale juste et vous verrez qu'un jour les Français l'imposeront", a déclaré le président de l'UDF-Mouvement démocrate (MoDem) sur France Info.
"Un jour, les Français diront 'trop c'est trop'. Il est impossible qu'on ait ainsi un verrouillage absolu (...) du Parlement par une seule force, qui a remporté l'élection présidentielle c'est vrai, mais qui pour autant ne représente pas l'ensemble des forces du pays", a ajouté le député béarnais, qui est candidat à sa propre succession dimanche dans les Pyrénées-Atlantiques.
Selon les sondages, l'UMP pourrait largement remporter les élections législatives des 10 et 17 juin, jusqu'à obtenir plus de 400 sièges à l'Assemblée nationale (sur 577).
Dans un entretien au Figaro, le président Nicolas Sarkozy se dit favorable à l'introduction d'une dose minoritaire de proportionnelle aux législatives.
"Je ne sais pas ce qu'une dose veut dire", a commenté François Bayrou, lui-même favorable à un système où 50% des sièges du Palais Bourbon seraient soumis à la proportionnelle.
"Il y a une loi électorale injuste, qui fait que le parti majoritaire va avoir une représentation - on dit un 'tsunami' avec peut-être 80% des sièges à l'Assemblée nationale -, ce qui naturellement supprimera le débat et fera que beaucoup de citoyens n'auront plus de recours", a déploré François Bayrou.
"C'est injuste que des courants politiques qui ont rassemblé des millions de Français aient une représentation absolument mineure à l'Assemblée nationale", a insisté l'ancien ministre, qui a recueilli 18,6% des suffrages, soit près de sept millions de voix, lors du premier tour de la présidentielle le 22 avril.
François Bayrou a précisé par ailleurs qu'il dirait après le premier tour des législatives et au cas par cas quels accords les candidats du MoDem pourraient éventuellement passer avec ceux d'autres formations.
"Au soir du premier tour, nous regarderons quelles sont les circonscriptions dans lesquelles il est envisageable que des élus puissent être choisis par les citoyens et nous regarderons à ce moment-là quelles sont les conditions pour ce pluralisme", a-t-il expliqué.
"Et je dirai de la manière la plus claire - je ne ferai pas de manoeuvre - quelles sont les conditions pour que ce pluralisme soit garanti et assuré", a-t-il ajouté.
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