par Khaled Yacoub Oweis et Angus MacSwan
AMMAN (Reuters) - Les forces syriennes ont intensifié samedi leurs bombardements à Homs, ville-symbole de la contestation antigouvernementale, où sept civils ont trouvé la mort, rapportent des opposants.
"Il s'agit du plus violent barrage (d'artillerie) depuis le début de l'offensive à Homs, il a six jours. Parmi les quatre (victimes), figure une femme de 55 ans. Ils ont été tués par un obus qui s'est abattu sur l'immeuble où ils vivaient, à Bab Amro", a déclaré à Reuters Mohammed Hassan, joint par téléphone satellite, évoquant un précédent bilan.
Dans un document vidéo diffusé sur Youtube, on peut voir un médecin tenant une femme apparemment blessée à la tête dans un hôpital de fortune de Bab Amro, quartier du centre historique de Homs.
"Il s'agit d'Ibtissam al Dalati, une mère de trois enfants. Un éclat d'obus l'a atteinte à la tête. J'invite les Syriens à descendre dans la rue pour faire retomber la pression à Homs", dit-il.
Des chars ont pris position vendredi autour des quartiers tenus par l'opposition, ce qui laisse présager une nouvelle offensive contre la troisième ville du pays, disent des habitants. Trois cents personnes ont trouvé la mort cette semaine dans les bombardements de Homs, toujours selon l'opposition.
"Je suis horrifiée par les informations au sujet des bombardements meurtriers de Homs. Je condamne dans les termes les plus vifs ces actes commis par le régime syrien aux dépens de son propre peuple", a déclaré Catherine Ashton, porte-parole de la diplomatie européenne.
"La communauté internationale doit s'exprimer d'une seule voix pour demander la fin de l'effusion de sang et exhorter (le président Bachar al) Assad à renoncer au pouvoir pour permettre une transition démocratique", a-t-elle ajouté.
ALEP GAGNÉE PAR LES TROUBLES
Alep, deuxième ville de Syrie jusqu'ici épargnée, a été à son tour gagnée par les violences vendredi. Une double explosion y a fait 28 morts aux abords de locaux des services de sécurité et de l'armée.
Des échanges de tirs prolongés ont par ailleurs éclaté vendredi soir dans un quartier défavorisé de Damas, rapportent des témoins et des dissidents.
Les membres de l'Armée syrienne libre (ASL) ont affronté pendant quatre heures les forces gouvernementales appuyées par des blindés qui avaient pénétré dans le quartier d'Al Kaboune situé dans le nord de la ville. Jamais des combats n'avaient eu lieu si près du centre de la capitale depuis le début de l'insurrection, il y a 11 mois.
Face à un appareil militaire bien organisé et à une situation régionale explosive, la communauté internationale est pour le moment restée impuissante.
Jugeant le texte inéquitable, la Russie et la Chine ont opposé leur veto samedi dernier à un projet de résolution du Conseil de sécurité réclamant l'arrêt immédiat de la répression et exprimant le soutien de l'Onu au plan de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart d'Assad.
"Il ne fait aucun doute que la confiance du monde dans les Nations unies a été ébranlée", a estimé vendredi le roi Abdallah d'Arabie saoudite. Ryad a fait circuler vendredi un nouveau projet de résolution, cette fois à l'Assemblée générale de l'Onu.
Comme pour le précédent, le texte "soutient totalement" le plan adopté le mois dernier par la Ligue arabe, qui, outre la mise à l'écart de Bachar al Assad, propose la formation d'un gouvernement d'union nationale chargé de préparer des élections.
Il reprend les grandes lignes de celui qui a été rejeté samedi tout en appelant à l'arrêt de la violence dans tous les camps.
Les résolutions de l'Assemblée générale ne sont pas contraignantes, mais ont une valeur symbolique forte qui accentuerait la pression sur le régime baasiste. Le projet de résolution doit être débattu lundi et le vote pourrait avoir lieu dans la semaine.
Avec Patrick Worsnip aux Nations unies et Dominic Evans à Beyrouth; Jean-Philippe Lefief pour le service français
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