Les banques centrales forcent à sortir du monétaire

Répétition du titre.

PARIS (Reuters) - JP Morgan Asset Management estime que les politiques monétaires ultra-accommodantes des banques centrales contraignent de plus en plus d'investisseurs à réduire leur cash pour trouver du rendement sur les marchés de la dette privée d'abord et, sous certaines conditions, de la dette souveraine de pays comme l'Espagne ou l'Italie ensuite.

Bob Michele, responsable de la gestion globale taux chez JP Morgan AM, a expliqué vendredi que les grandes banques centrales avaient procédé à un "changement historique" de leurs politiques monétaires et qu'elles privilégiaient désormais la croissance et l'emploi au détriment de la stabilité des prix par des moyens non conventionnels et des taux directeurs à zéro, ou proches de zéro.

Il constate que les bilans de la Réserve fédérale, de la Banque centrale européenne (BCE), de la Banque d'Angleterre ou de la Banque du Japon ont atteint des niveaux record à la mesure de la surabondance de liquidités déversées dans l'économie et les marchés.

Selon les chiffres de JP AM, le bilan de la BCE représente plus de 30% du produit intérieur brut de la zone euro comme celui de la Banque du Japon. Celui de la Fed atteint 25% du PIB américain.

"La nature des politiques de la Fed et de la BCE leur donnent des moyens suffisants pour compenser l'austérité budgétaire et le mouvement mondial de désendettement", a souligné Bob Michele au cours d'une conférence à Paris.

"La perspective de taux zéro pour une période prolongée forcent les investisseurs à sortir du monétaire pour aller sur l'obligataire. Les taux vont rester bas et les écarts de taux(spreads) continuer de se resserrer", ajoute-t-il.

Il sous-pondère les emprunts d'Etat, notamment les plus sûrs, et leur préfère les obligations d'entreprises notées de la catégorie investissement (IG). Viennent ensuite le crédit de la catégorie spéculative (haut rendement, high yield), les produits titrisés, les obligations sécurisées et en dernier lieu un peu de dette émergente.

Comme bon nombre d'intervenants de marché, Bob Michele estime que, par la "répression financière", c'est-à-dire des politiques visant à obtenir des taux réels négatifs (taux nominaux moins l'inflation) sur les emprunts d'Etat sans risque (Bunds allemands, Treasuries américains, etc.), les banques centrales cherchent à soutenir les cours des actifs risqués comme le crédit.

Raoul Sachs, édité par Matthias Blamont


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