Le Parti socialiste "a la trouille", estime Alain Juppé

PARIS (Reuters) - Les appels lancés par la gauche à ses électeurs pour les inciter à ne pas participer à la primaire de la droite et du centre montrent que le Parti socialiste a "la trouille" à six mois de l'élection présidentielle, a estimé mercredi Alain Juppé.

"Je pense qu'il y a un peu de trouille dans ce parti", a déclaré l'ancien Premier ministre, candidat à la primaire de la droite et du centre, et favori des sondages, sur France 2.

"Ce parti socialiste est en perdition aujourd'hui, il n'a plus de chef, plus de candidat, il n'a plus de projet et le chef d'Etat lui-même donne (au parti) des boutons", a-t-il ajouté.

Dans une interview à L'Obs publiée la semaine dernière, François Hollande a déconseillé aux électeurs de gauche de voter à la primaire de la droite et du centre sous peine de faire disparaître la gauche face au "danger" de l'extrême droite et à une droite qu'il juge réactionnaire et régressive.

Le chef de l'Etat s'en est également pris à Alain Juppé en estimant que son objectif d'une "identité heureuse" n'est qu'"une solidarité malheureuse".

Une lettre d'un "fidèle" du président aurait également été envoyée à des élus socialistes dans laquelle est rappelée la condamnation du maire de Bordeaux pour prise illégale d'intérêt en 2004, selon BFM TV.

"C'est une réaction un peu de désespoir, le navire est en train de sombrer alors la seule chose qu'on peut faire c'est de taper contre l'adversaire", a estimé Alain Juppé, précisant qu'il ne recherchait pas "les voix de la gauche."

"Je demande la voix de tous les Français qui veulent l'alternance, qui en ont marre de la gauche, du pouvoir actuel", a-t-il dit. "C'est une primaire ouverte mais il faudra adhérer aux valeurs républicaines de la droite et du centre".

Selon plusieurs sondages, près de 10% des électeurs de gauche seraient prêts à participer à la primaire des 20 et 27 novembre pour faire barrage à Nicolas Sarkozy.

L'appel à une primaire ouverte lancée par Alain Juppé, rejoint par la suite par François Fillon, a été critiqué par Nicolas Sarkozy qui a dénoncé début octobre une "compromission" et une "confusion déloyale".

(Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse)


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