PARIS (Reuters) - Le gouvernement a décidé de ne pas augmenter les tarifs du gaz au 1er juillet, ce qui a pour effet de peser sur le cours de Gaz de France.
Vers 12h55, le titre du groupe gagnait 0,14% à 36,08 euros alors qu'il était monté jusqu'à 36,34 euros en matinée.
Le ministre de l'Economie, des finances et de l'emploi, Jean-Louis Borloo, a annoncé que le prix du gaz n'augmenterait pas "dans les prochains mois".
"J'ai pris cette décision dans le souci de préserver à la fois la stabilité du pouvoir d'achat des consommateurs à la veille de l'ouverture du marché de l'énergie et l'équilibre financier de Gaz de France, grande entreprise nationale", a-t-il indiqué dans un communiqué.
"De manière générale, je serai attentif à ce que l'ouverture des marchés soit favorable pour les consommateurs".
Selon une source proche du dossier, cette décision constitue un "message" du gouvernement sur sa volonté de surveiller les évolutions dans le secteur de l'énergie, qui sera totalement ouvert à la concurrence le 1er juillet.
"Quand le ministre dit plusieurs mois, il faut comprendre que cela va jusqu'à la fin de l'année", a-t-on dit.
Cela signifie donc qu'il n'y aura pas de décision au 1er octobre, date à laquelle était prévue une révision tarifaire.
Gaz de France, contrôlé à 80% environ par l'Etat, s'est refusé à tout commentaire. Le P-DG du groupe, Jean-François Cirelli, avait déclaré, lors de l'assemblée générale des actionnaires le 23 mai, qu'il ne fallait pas s'attendre à "des évolutions significatives" au 1er juillet du fait de l'évolution globale du cours du pétrole ces derniers mois.
De source proche de l'entreprise, on a jugé que la décision du gouvernement respectait les équilibres financiers de Gaz de France et qu'il y avait des discussions "constructives" avec l'Etat sur les tarifs de distribution publique.
Gaz de France n'a pas obtenu ces dernières années les augmentations de tarifs qu'il demandait et a chiffré à un milliard d'euros son manque à gagner au niveau des résultats.
Le gouvernement du Premier ministre Dominique de Villepin avait annoncé au printemps 2006 qu'il n'y aurait aucun relèvement avant juillet 2007. Les personnes impliquées dans le dossier avaient compris qu'une augmentation était possible le 1er juillet et qu'une révision trimestrielle serait ensuite de nouveau en vigueur, comme c'était le cas jusqu'à l'an dernier.
De source proche du dossier, on a jugé que Gaz de France avait les moyens financiers de faire face à cette décision et on a rejeté l'interprétation selon laquelle cela fragiliserait le groupe au moment où il est engagé dans un processus laborieux de fusion avec Suez.
Le Premier ministre, François Fillon, a indiqué qu'il prendrait une décision sur ce dossier fin juin ou début juillet.
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