Le drone civil prend son envol en Aquitaine

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - Surveillance des incendies de forêts, mesure de la radioactivité, détection de la pollution marine : les drones, habituellement associés à des activités militaires, s'apprêtent à envahir le marché civil avec des applications illimitées.

En France, l'Aquitaine a pris une longueur d'avance en créant il y a deux ans un noyau ("cluster") dénommé Aetos, sous l'impulsion du Conseil régional et du groupe Thales, avec les nombreuses entreprises et des laboratoires de recherche du secteur aéronautique présents dans la région.

Depuis dix ans, le secteur des drones a connu la plus forte progression de l'industrie aéronautique et spatiale, pour l'essentiel dans le domaine militaire, souligne Aetos.

Une étude du cabinet américain Teal Group estime que le marché devrait doubler au cours de la prochaine décennie pour atteindre 8,7 milliards de dollars, dont une partie non négligeable viendra du secteur civil.

La France a fait un pas décisif en promulguant en avril dernier la première loi autorisant le survol du territoire sous conditions par ces objets volants identifiés. Jusqu'alors, ces aéronefs sans pilote dirigés à distance ne pouvaient être utilisés qu'avec une dérogation ponctuelle et limitée.

L'Aquitaine, où sont implantés de grands groupes comme Thales, Dassault, EADS et Safran, ainsi que de nombreuses PME innovantes, notamment dans le domaine de l'électronique, de l'informatique et des systèmes, a vu sa position confortée par l'ouverture de la première zone européenne d'essais en vol pour les applications civiles sur le camp militaire de Souge à Martignas en Gironde.

L'université de Bordeaux y a créé des modules de formation et, le deuxième salon "UAV Show Europe" consacré aux drones s'ouvre ce mercredi à Mérignac près de Bordeaux.

La première entreprise à avoir obtenu en juin l'agrément de la DGAC (Direction générale de l'aviation civile) pour effectuer des opérations aériennes y est aussi implantée.

MOINS CHER QU'UN HÉLICOPTÈRE

Il s'agit de Fly'n'Sense qui a notamment apporté son savoir-faire aux pompiers landais qui ont testé durant l'été un drone pour la surveillance des forêts contre les incendies.

"La reconnaissance aérienne est très importante pour nous. Le coût horaire d'un hélicoptère est beaucoup plus élevé que l'utilisation d'un drone qui a aussi l'avantage de fournir des images sur lesquelles nous pouvons travailler alors qu'habituellement l'officier embarqué décrivait la situation par radio", indique le commandant Jean-Pierre Lespiaucq.

Pour lui, les images prises à la verticale au-dessus d'un incendie, impossibles avec un hélicoptère, sont très précieuses pour engager les bons moyens de lutte.

Pour 15.000 à 20.000 euros, les pompiers ont à leur disposition un engin de 2 kilos, propulsé par 4 moteurs et 4 hélices, dont l'énergie est fournie par une batterie lithium-polymère et transportant une caméra orientable à distance.

Le responsable marketing de Fly'n'Sense, David Carcenat, reconnaît que les applications du drone restent à explorer.

"Le propre du drone, c'est de réaliser des opérations routinières comme la surveillance de sites industriels, les études d'impact en faisant la cartographie d'un site, la sécurité, la protection civile, les interventions en zone contaminées", souligne-t-il.

Trang Pham, la coordinatrice du cluster Ateos, souligne que "le drone a l'avantage de donner d'autres angles de vue que depuis un avion, l'impression d'être en immersion".

"Aujourd'hui, les utilisateurs potentiels vont eux-mêmes définir leurs besoins et au fur et à mesure que les technologies vont évoluer apparaîtront de nouvelles applications", dit-elle.

La surveillance des gazoducs et des oléoducs enterrés ainsi que des zones côtières pour la pollution ou encore de zones de naufrage, portuaires ou des frontières se fait grâce à des capteurs thermiques haute résolution.

Vitidrone, porté par la société girondine Vitivista, est un projet visant à soutenir la viticulture de précision.

Des applications ont déjà donné des résultats, notamment au Japon, où un drone fabriqué par la société Hélipse en Charente a été utilisé en avril 2011 pour mesurer la radioactivité et prendre des images vidéo au-dessus de la centrale nucléaire après la catastrophe de Fukushima.

Edité par Yves Clarisse


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