Le dopage est une question de santé publique, selon des experts

STOCKHOLM (Reuters) - L'utilisation de produits dopants n'est plus seulement un problème sportif mais une question de santé publique, ont estimé les intervenants au cours d'une conférence antidopage à Stockholm.

"Si nous pensons qu'environ 3% des étudiants aux Etats-Unis prennent des stéroïdes ou des hormones de croissance, alors c'est un problème de santé publique", a déclaré Timothy Armstrong, de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

"L'abus de substances, quelle que soit la forme physique, a un impact sur la santé physique et mentale. L'OMS, en tant que première agence des Nations unies sur les questions de santé, ne prend pas ce sujet à la légère."

Armstrong s'exprimait à l'occasion d'une conférence organisée vendredi et samedi dans la capitale suédoise par la fondation Arne Ljungqvist, du nom du président de la commission médicale du Comité international olympique (CIO).

Cette réunion, intitulée "Le dopage comme question de santé publique", réunissait des membres de l'OMS, du CIO, de l'Agence mondiale antidopage (AMA), de l'Unesco et d'Interpol.

L'hôte suédois a dit partager l'opinion de Timothy Armstrong au cours d'une conférence de presse.

"C'est une première tentative pour faire émerger cette question au rang des questions de santé publique, ce qu'elle est à mes yeux", a déclaré Arne Ljungqvist.

"Le sport de haut niveau joue un rôle évident. On y trouve les modèles des plus jeunes et s'ils se dopent, alors ils sont de mauvais modèles pour les générations futures."

Le directeur général de l'AMA, David Howman, a déclaré au cours de cette conférence de presse que le sport de haut niveau avait un impact sur la société en général et qu'à cet égard l'échange d'informations était essentiel pour lutter contre le dopage.

"Ce que nous avons appris au cours des dix dernières années, c'est qu'il y a un effet d'entraînement sur les sports amateurs et dans les universités", a-t-il déclaré, ajoutant que les autorités sanitaires et judiciaires avaient leur rôle à jouer.

"En Australie, maintenant, les douaniers partagent leurs informations avec l'agence antidopage australienne et il y a déjà 40% des infractions au code antidopage qui sont liées à ce type d'informations."

Philip O'Connor, Baptiste Bouthier pour le service français


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