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Le dernier jour de campagne bouleversé par l'attaque "terroriste"

Le dernier jour de campagne bouleversé par l'attaque "terroriste"

Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - L'attentat commis sur les Champs-Elysées contre des policiers a dominé vendredi le dernier jour de campagne présidentielle, bouleversant les agendas des candidats et replaçant la lutte antiterroriste et la sécurité au coeur des débats.

Dès l’annonce de l'attaque, qui a coûté jeudi soir la vie à un policier et a été revendiquée par l'Etat islamique, Marine Le Pen (Front national), François Fillon (Les Républicains), rejoints par la suite par Emmanuel Macron (En Marche!), ont annulé leurs déplacements prévus ce vendredi.

Le candidat de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a décidé de maintenir son programme tandis que Benoît Hamon (Parti socialiste) annulait un déplacement à Evry (Essonne) tout en maintenant une seconde visite à Carmaux (Tarn).

"Rien ne doit entraver" l'élection présidentielle, "ce moment démocratique fondamental pour notre pays", a déclaré le Premier ministre Bernard Cazeneuve à l'issue d'un conseil de défense exceptionnel à l'Elysée.

Au total, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés, en complément des 7.000 militaires Sentinelle, pour assurer la sécurité des 67.000 bureaux de vote ouverts en France pour le premier tour dimanche et le second, prévu le 7 mai.

"Il nous appartient de ne pas céder à la peur, à l'intimidation, à la manipulation qui ferait le jeu des ennemis de la République", a dit le chef du gouvernement, appelant à ne "jamais céder à la division et encore moins à l'outrance".

"C'EST EUX OU NOUS"

Après une campagne marquée par les affaires judiciaires, cet attentat, qui survient dans une France placée en état d'urgence depuis 2015, a remis sur le devant de la scène les questions de sécurité et de lutte contre le djihadisme.

"Voilà plusieurs années que j'affirme que nous sommes confrontés à un totalitarisme islamique", a déclaré François Fillon à la presse à son QG de campagne à Paris. "Je n'ai cessé d'alerter le gouvernement et mes compatriotes sur l'ampleur et la profondeur de ce totalitarisme."

"Ce combat pour la sécurité et la liberté sera le mien", a-t-il ajouté. "Ma politique étrangère sera ciblée en priorité sur la destruction de l'Etat islamique (...) Nous sommes en guerre. Il n'y a aucune alternative, c'est eux ou nous".

Marine Le Pen, qui a concentré sa campagne depuis une semaine sur les thèmes fondateurs du parti comme l'immigration et la lutte contre le fondamentalisme islamiste, a pour sa part prôné un "plan de bataille contre le terrorisme islamiste et le laxisme pénal".

"Cette guerre nous ne pouvons pas la perdre. Or depuis 10 ans, sous les gouvernements de droite comme de gauche, tout a été fait pour que nous la perdions", a-t-elle déclaré, dans une déclaration à son QG.

La présidente du FN a notamment demandé la restauration des frontières, l'expulsion immédiate des personnes étrangères fichées "S", l'interdiction des organisations salafistes et la fermeture des mosquées islamistes.

"MÉCONNAISSANCE"

Les déclarations des deux prétendants à l'Elysée ont fait réagir Bernard Cazeneuve qui a dénoncé la "méconnaissance" de Marine Le Pen sur le sujet et a critiqué l'action de François Fillon quand il était Premier ministre.

Emmanuel Macron, en tête dans les intentions de vote pour le premier tour, a pour sa part appelé les Français à ne pas "céder à la peur" et a assuré qu'il serait "implacable" dans la lutte contre le terrorisme s'il était élu le 7 mai prochain.

"L'action diplomatique et militaire que j'entends conduire aura pour priorité votre sécurité", a dit le candidat d'En Marche! à la presse.

Face à la menace, l'ex-ministre de l'Economie de François Hollande appelle à ne pas "céder à quelque surenchère pour répondre à l'événement tragique qui endeuille notre pays".

"Le choix que vous avez à faire dimanche prochain doit être un choix d'avenir, ne cédez rien à la peur, à la division, à l'intimidation", a-t-il ajouté.

La campagne officielle s’achève à minuit. La diffusion de sondages ou de déclarations des prétendants à l’Elysée sera alors interdite jusqu'à l'annonce des résultats officiels du premier tour, dimanche soir à 20h00.

(Marine Pennetier, avec Sophie Louet et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse)


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