La troïka étudie les comptes de Chypre pour chiffrer l'aide

NICOSIE (Reuters) - La "troïka" des futurs créanciers de Chypre a commencé mardi à éplucher les comptes de l'île pour déterminer l'ampleur de l'aide dont Nicosie a besoin pour renflouer ses banques exposées à la crise grecque.

Deux équipes composées d'émissaires de l'Union européenne (UE), de la Banque centrale européenne (BCE) et du Fonds monétaire international (FMI) ont eu des entretiens séparés avec des représentants de la banque centrale et du ministère des Finances, a-t-on appris auprès de ces deux institutions.

Les ministres des Finances de la zone euro ont accepté la semaine dernière la demande d'aide de Chypre.

Le montant du plan de sauvetage n'a pas été dévoilé, mais Nicosie a besoin en urgence de 2,3 milliards d'euros pour renflouer ses deux principales banques et pourrait solliciter au total quelque 10 milliards d'euros, soit plus de la moitié de son produit intérieur brut (PIB).

Selon le ministère des Finances chypriote, les émissaires de la troïka doivent aussi s'entretenir avec les employés et la direction des principales banques du pays.

"Il s'agit d'une visite uniquement exploratoire et aucune négociation ou discussion sur des mesures (économiques) n'est au programme", a précisé le ministère dans un communiqué.

Nicosie assure que sa politique de faible imposition, qui a permis d'attirer des milliers d'entreprises étrangères sur l'île, n'est pas négociable.

La troïka risque en revanche d'exiger une réduction du poids de la fonction publique (33% des dépenses de l'Etat) et la remise en cause de l'indexation des salaires, accusée d'avoir alimentée l'inflation.

Le FMI a estimé dans un rapport publié l'an dernier que Chypre devrait réduire ses dépenses publiques et contrôler les salaires dans la fonction publique, qui pèsent pour 15,4% du PIB, soit le ratio le plus élevé de toute la zone euro.

Mais les experts mettent en garde contre les effets d'une politique d'austérité trop brutale alors que l'économie chypriote est déjà en récession et le chômage en hausse.

"Il est certain que les finances du pays se dégradent. Il est donc important que (le gouvernement) parvienne rapidement à un accord avec la troïka", souligne l'économiste Fiona Mullen.

Les émissaires de la troïka vont poursuivre leur examen des finances de l'île jusqu'au 6 juillet.

Michele Kambas; Tangi Salaün pour le service français, édité par Natalie Huet


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