La sortie de l'euro revient dans le débat à Helsinki et Vienne

HELSINKI/VIENNE (Reuters) - Un éclatement de la zone euro est une possibilité à laquelle il faut se préparer, a déclaré vendredi le ministre finlandais des Affaires étrangères, tandis que son homologue autrichien préconise l'expulsion des Etats membres qui ne respectent pas leurs engagements.

Helsinki a élaboré un "plan opérationnel" pour parer à toute éventualité en cas de disparition de la monnaie unique, a déclaré le chef de la diplomatie finlandaise Erkki Tuomioja, cité vendredi dans le Daily Telegraph britannique.

"C'est quelque chose que personne ne préconise en Finlande - même les Vrais Finnois (parti d'opposition eurosceptique, NLDR) - surtout pas le gouvernement. Mais nous devons nous y préparer", a-t-il dit, ajoutant qu'il y a au niveau européen "un consensus pour dire qu'un éclatement de la zone euro pourrait être plus coûteux à court et moyen terme qu'une gestion de la crise".

Dans la foulée de ces propos, son collègue des Affaires européennes Alexander Stubb a cependant déclaré à Reuters qu'Helsinki était "engagé à 100%" dans l'euro.

"Je veux dire clairement que les spéculations du ministre des Affaires étrangères ne reflètent pas la position du gouvernement", a-t-il dit.

Alexander Stubb est une proche allié du Premier ministre Jyrki Katainen. Les deux hommes appartiennent à la Coalition nationale, première formation politique du pays qui affiche ses convictions en faveur de l'euro.

Erkki Tuomioja est membre du Parti social démocrate, le deuxième plus important représenté au gouvernement finlandais, qui exige de strictes contreparties en échange des aides internationales accordées au pays en difficulté.

"CAMISOLE DE FORCE"

Pour sauver la monnaie unique, le chef de la diplomatie autrichienne plaide de son côté pour un mécanisme qui permettrait l'expulsion de la zone euro des pays qui ne respectent pas les objectifs de déficit budgétaire.

"Il faut que nous ayons la possibilité d'éjecter de l'union monétaire (...) les pays qui ne tiennent pas leurs engagements", dit Michael Spindelegger dans un entretien publié vendredi par le journal autrichien Kurier.

Cette idée, ajoute-t-il, a été discutée entre dirigeants européens et bénéficierait du soutien de pays comme l'Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Finlande, les quatre derniers pays de la zone euro bénéficiant encore d'une note de crédit triple A de la part des trois principales agences de notation.

A la question de savoir s'il visait spécifiquement la Grèce, le ministre autrichien a répondu : "Si une telle règle existait, on aurait déjà eu à en tirer les conséquences."

En octobre 2009, le nouveau gouvernement grec a reconnu que le déficit budgétaire était de 13% du produit intérieur brut et non 6% comme Athènes l'avait jusqu'alors assuré, marquant le début de la crise de la dette.

Michael Spindelegger distingue la situation de la Grèce de celle de l'Espagne, qui pourrait devenir le prochain pays à solliciter un plan de sauvetage international après celui accordé à ses banques.

"Il y a eu un éclatement de la bulle immobilière là-bas, mais les Espagnols ne nous ont pas trompés", dit-il.

Les propos de Michael Spindelegger, qui font écho à ceux de la ministre des Finances Maria Fekter, autre membre éminente du Parti populaire autrichien.

Illustration d'un sentiment hostile dans les pays les plus riches d'Europe pour les pays du sud de la zone euro fragilisés, le chef du parti des Vrais Finnois, également cité dans le Daily Telegraph, affirme que les contribuables finlandais sont furieux.

"Il n'y a pas de règle sur la façon de sortir de l'euro, mais ce n'est qu'une question de temps. Le Nord ou le Sud va quitter (la zone euro) parce que cette camisole de force plonge des millions de gens dans la misère et détruit l'avenir de l'Europe", dit Timo Soini.

"C'est une catastrophe absolue. Nous allons nous retrouver sur la paille au train où vont les choses. Mais aucun pays en Europe ne veut être le premier à sortir de l'euro et à supporter seul les critiques."

La Finlande, dont un veto pourrait bloquer tout nouveau plan de sauvetage européen, a insisté pour que les aides à la Grèce et aux banques espagnoles ne soient pas inconditionnelles.

Ritsuko Ando à Helsinki, Georgina Prodhan à Vienne, Tangi Salaün pour le service français, édité par Dominique Rodriguez


read below for restriction ©2013 Reuters  Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit? Connectez-vous!

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes!

 
Forums
Valeurs les plus actives
  • Alcatel-LucentAcitivité: 10
  • France TelecomAcitivité: 8
  • BNP ParibasAcitivité: 7
  • CAC 40Acitivité: 7
  • PeugeotAcitivité: 7
  • SoitecAcitivité: 7
  • Dow Jones IndustrialAcitivité: 6
Sujets à la une
  • Michel Sapin croit toujours en une inversion de la courbe du chômage fin 2013 21
  • Suivi des Marchés : coup de tabac en Asie, le Nikkei corrige de plus de 7% ! 14
  • Demain c'est BEARRRRRRRRR... 702
  • Soitec : après une perte record, le groupe veut renouer cette année avec une croissance forte 11
  • Tous les forums
Documentation des partenaires
  • BINCK.FR - Expert de la bourse en ligne
  • Fortuneo : Banque en ligne moins chère
  • Abonnez-vous gratuitement aux publications et services BNP Paribas Produits de Bourse !
  • Cortal Consors, pionnier de la Bourse en ligne
  • Citi - Abonnement gratuit aux emails quotidiens Warrants & Certificats
Binck