PARIS (Reuters) - Le ministère de la Santé maintient ses recommandations pour une vaccination contre la grippe A avec deux doses de vaccins et non une seule.
Cette déclaration de la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, est publiée alors que la controverse enfle, le pays ayant acheté des stocks massifs de vaccins par des contrats avec l'industrie dont certaines clauses sont contestées.
"Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé recommande fortement la vaccination contre le virus A(H1N1). Elle maintient, à ce stade, un schéma vaccinal à deux injections pour l'ensemble de la population", dit le communiqué du ministère.
Il souligne que la question devra être tranchée définitivement par les essais cliniques en cours.
"Les résultats obtenus confirment, à ce stade, le bon niveau de protection acquis après la première dose. En revanche, des résultats complémentaires sont nécessaires pour garantir définitivement que cette protection est durable, face à un virus nouveau, dont la durée de circulation est aujourd'hui inconnue", dit le ministère.
A défaut de véritable consensus scientifique à ce jour, la ministre dit vouloir maintenir "à ce stade" un schéma vaccinal prudentiel à deux injections pour l'ensemble de la population.
La France a commandé 94 millions de doses aux laboratoires, une quantité sans équivalent en Europe, pour un montant de 712 millions d'euros.
D'abord classés confidentiel-défense, certains des contrats ont été publiés par le ministère après des articles de presse dénonçant une opacité de la communication officielle.
Il est alors apparu que certains laboratoires avaient obtenu contractuellement des garanties juridiques et financières supérieures à la normale en cas de poursuites judiciaires qui suivraient des effets secondaires au vaccin. L'Etat assumerait seul les sanctions financières prononcées en justice.
Les sondages montrent que les Français sont réticents à la vaccination, que certains spécialistes éminents de l'épidémiologie ne jugent pas indispensable pour les populations ne présentant pas une fragilité préalable.
Le dernier bulletin épidémiologique publié par le ministère de la Santé mardi fait état d'une intensification de l'épidémie. Entre le 26 octobre et le 1er novembre, 39 hospitalisations en soins intensifs ou en réanimation ont été enregistrées, avec quatre décès.
Au total, toujours selon ce bilan officiel, la maladie a fait à ce jour 22 morts en France métropolitaine et 27 outremer.
Thierry Lévêque
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