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La France a pris du retard, réformer est obligatoire, dit Fillon

La France a pris du retard, réformer est obligatoire, dit Fillon

La France a pris du retard, réformer est obligatoire, dit Fillon
Crédit photo © Reuters

PARIS (Reuters) - Réformer est obligatoire car la France a pris trop de retard, a dit le
Premier ministre François Fillon, un an après l'élection de Nicolas Sarkozy.

Sur France Info, il a jugé normal qu'elles provoquent des crispations mais a souligné qu'elles
étaient nécessaires pour équilibrer les comptes publics et soutenir la croissance.

Le Premier ministre a en revanche repoussé toute action immédiate sur les prix du carburant,
privilégiant des mesures de moyen terme issues du "Grenelle" de l'environnement.

"Si la réforme est si difficile dans notre pays, c'est parce qu'on a tellement attendu
qu'aujourd'hui il faut tout faire en même temps. Et quand on fait tout en même temps, il est
naturel qu'on puisse provoquer ici ou là des crispations", a-t-il dit.

François Fillon a confirmé les orientations de la réforme des retraites: allongement progressif
de la durée de cotisation pour atteindre 41 ans en 2012, mesures pour l'emploi des seniors et
maintien de l'âge légal de départ à la retraite à 60 ans.

Il a confirmé le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite à partir
de 2009 et soutenu l'idée d'un service minimum d'accueil dans les écoles.

Un an après la victoire de la droite à la présidentielle, François Fillon a dit n'avoir aucun
regret et s'est réjoui d'avoir fait basculer l'orientation idéologique de la France.

"Les regrets, c'est pour les bilans et le bilan ça sera à la fin du quinquennat. Tant qu'on est
aux manettes, qu'on a les commandes, qu'on est en charge de faire des réformes, on n'a pas le
luxe de pouvoir avoir des regrets", a-t-il expliqué.

Evoquant le travail, l'université, le service minimum et les régimes spéciaux, il a jugé que "tous
ces sujets là étaient des sujets sur lesquels le débat était organisé autour de la thématique de la
gauche".

"On a emmené les Français sur le terrain idéologique que nous souhaitions", a-t-il ajouté.

"2012, CE SERA TROP TARD"

Sur les retraites, "les Français comprennent qu'il n'y a pas d'autre option, avec l'allongement
de la durée de la vie, que d'augmenter la durée des cotisations", a estimé François Fillon.

Il a écarté la demande du Medef de relever l'âge légal de départ à la retraite. "Ce n'est pas
une piste, il y a eu une réforme des retraites en 2003, on la met en oeuvre", a-t-il dit.

Augmenter le taux d'emploi des salariés de plus de 55 ans "passe par une pression de plus en
plus forte sur les entreprises", a-t-il ajouté. "Les pressions sur les entreprises, c'est
l'augmentation des cotisations pour ceux qui ne jouent pas le jeu."

Côté finances publiques, "nous n'avons pas le choix, il faut réduire les dépenses de l'État pour
retrouver de la croissance et retrouver l'équilibre des finances publiques", a-t-il dit.

"Je ne connais pas de moyen de réduire les dépenses de l'État sans réduire en même temps le
nombre des fonctionnaires", a-t-il ajouté.

Interrogé sur la volonté gouvernementale de mobiliser les maires pour qu'ils organisent un
service public d'accueil dans les écoles lors de la grève du 15 mai, il a répondu: "Le service public,
c'est pour tout le monde et c'est tout le temps."

"Les mairies qui ne veulent pas le faire ne le feront pas mais les Français jugeront", a-t-il
ajouté.

Prié de dire si des réformes pouvaient être repoussées à 2012, il a estimé qu'"attendre 2012,
on peut aussi attendre que le malade soit mort".

"Nous sommes dans un pays qui a pris énormément de retard. 2012, ce sera trop tard", a-t-il
ajouté.

Il a écarté l'idée d'une action immédiate de l'État sur le prix du carburant. "Subventionner le
prix du pétrole, personne, aucun économiste sérieux ne propose cela", a-t-il expliqué.

"Il n'y a qu'une seule réponse de moyen terme, c'est de trouver des énergies différentes",
a-t-il dit. "Il faut - c'est ce qu'on va faire avec le texte issu du Grenelle de l'environnement -
investir massivement dans les économies d'énergie", a-t-il ajouté.

Jean-Baptiste Vey


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