La bataille Sarkozy-Hollande passe par l'industrie

par Yann Le Guernigou

PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy vendredi chez Petroplus à Petit-Couronne, François Hollande dans le même temps à Florange sur un site ArcelorMittal à l'arrêt, la défense de l'industrie est devenue un thème majeur de la campagne présidentielle, avec des enjeux qui dépassent la simple conquête du vote ouvrier.

Rendossant ses habits de chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy s'est présenté à la raffinerie Petroplus de l'agglomération de Rouen, en redressement judiciaire après un dépôt de bilan, pour annoncer un contrat avec Shell.

A la clé, six mois de travail pour les 550 salariés en attendant qu'un repreneur "sérieux", si possible industriel, se présente.

"Je ne lâcherai pas l'affaire", a-t-il assuré en promettant de revenir pour s'assurer du suivi du dossier.

Au même moment, en Moselle, son rival socialiste François Hollande exprimait sa croyance dans l'"industrie, (et) l'industrie sidérurgique" devant les ouvriers de l'aciérie de Florange, qui craignent sa fermeture définitive par ArcelorMittal.

"On va tout faire pour que ce site, ici, puisse se développer, se moderniser, voilà mon message devant vous", a-t-il promis. Dans la matinée à Paris, il avait rencontré des salariés de Fralib, qui fabrique des infusions Lipton et Elephant, dont les emplois sont menacés.

LA SYMBOLIQUE DE L'INDUSTRIE

A deux mois de la présidentielle, les deux candidats qui font la course en tête semblent ainsi se marquer à la culotte et se répondent du tac au tac, comme ils l'avaient déjà fait la veille sur un thème très proche, le travail.

En meeting à Lille, le président sortant s'était ainsi présenté en "porte-parole de la France qui travaille", pour s'entendre répondre à peine une heure plus tard par François Hollande, en déplacement au Mans, que le travail n'était pas "l'apanage d'une famille politique, d'un camp, d'une idéologie".

"Quel est le respect de la valeur travail depuis cinq ans quand il y a un million de chômeurs en plus ?"

Dans son "rêve" français, le candidat socialiste a mis la réindustrialisation de la France en tête de ses priorités. Le sujet est pareillement au premier rang des préoccupations de Nicolas Sarkozy qui, avant Petroplus, s'était mobilisé ce mois-ci pour une usine du fabricant de lingerie Lejaby et le fabricant de cellules photovoltaïques Photowatt.

Mardi, il s'est rendu dans une usine Alstom en se faisant fort de rappeler son rôle dans le sauvetage du groupe en 2004, alors qu'il était ministre des Finances.

Jérôme Fourquet, de l'Ifop, explique cette attention des candidats au monde de l'entreprise par le fait que le thème du "produire en France", mis en avant par François Bayrou lors de son entrée en campagne, "résonne dans de larges secteurs de la société française, au-delà même des ouvriers".

"Il y a une prise de conscience collective sur le phénomène de la désindustrialisation, dit-il. Derrière cette question, il y a la symbolique véhiculée par l'industrie. Ce n'est pas un secteur comme un autre, c'est le symbole et un vecteur de la puissance d'un pays."

LES FRANÇAIS PAS DUPES

"Pour les Français, c'est un bon moyen de juger le degré de volontarisme politique et économique des candidats (pour s'attaquer au problème). Et Nicolas Sarkozy et François Hollande en sont totalement conscients", poursuit Jérôme Fourquet.

Quand il met en avant ses interventions dans les dossiers Lejaby et Photowatt, le candidat-président se fait fort de rappeler l'impuissance de l'ancien Premier ministre socialiste Lionel Jospin face à un plan social chez Michelin ou à la fermeture de l'usine Renault de Vilvoorde.

A l'inverse, l'opposition ne manque pas d'invoquer ses promesses faites en 2008 à Gandrange, sur un autre site lorrain d'ArcelorMittal, qui n'ont pas été suivies d'effet.

"Nicolas Sarkozy a l'avantage de celui qui est encore en exercice, encore faut-il qu'il ait des solutions dans la manche. Ce serait peut-être difficile pour Florange, qui est détenu par un groupe étranger", indique Jérôme Fourquet.

"François Hollande est pour sa part plus à l'aise pour fustiger l'ouverture d'une usine Renault au Maroc", ajoute-t-il.

Le responsable de l'Ifop souligne encore que "les Français ne sont pas dupes" de ce genre de déclarations ou de déplacements et qu'ils s'irritent facilement "s'il n'y a rien derrière".

L'enjeu est aussi le vote ouvrier qui est aujourd'hui accaparé pour un gros tiers (35% chez l'Ifop) par la candidate du Front national Marine Le Pen, devant François Hollande (25%) et Nicolas Sarkozy (environ 15%).

avec Emmanuel Jarry, Elizabeth Pineau et Gilbert Reilhac, édité par Jean-Baptiste Vey


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