L'UMP tente de panser ses blessures

PARIS (Reuters) - Les ténors de l'UMP ont entrepris mardi de panser leurs blessures et d'écarter le spectre d'un schisme après la lutte fratricide pour la présidence du principal parti d'opposition remportée par Jean-François Copé contre François Fillon.

Au terme de 24 heures d'âpres contestations et de confusion, Jean-François Copé a été proclamé lundi soir président de l'UMP avec 98 voix d'écart et a invité l'ancien Premier ministre à le "rejoindre".

François Fillon, que les sondages donnaient vainqueur, a déclaré prendre acte du résultat et annoncé qu'il n'opposerait pas de recours malgré "de nombreuses irrégularités".

Mais il n'a pas saisi la main tendue de Jean-François Copé, qui, à 48 ans, signe un succès politique de bon augure pour ses ambitions élyséennes, et a déploré "une fracture politique et morale" à l'UMP, laissant planer le doute sur son avenir.

Le vainqueur a proposé à l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy de devenir son numéro deux en lui offrant une vice-présidence de l'UMP.

"Ça serait la moindre des choses", a-t-il déclaré à la presse, indiquant avoir laissé un message sur le répondeur du grand perdant de cette consultation.

La réponse des soutiens de François Fillon qui, à 58 ans, voit ses ambitions présidentielles écornées, n'a pas tardé : "C'est grotesque", a dit Eric Ciotti, son directeur de campagne, dans les couloirs de l'Assemblée nationale.

L'ancien chef du gouvernement, qui n'a pas participé mardi à la réunion du groupe UMP à l'Assemblée, a dit qu'il ferait connaître "dans les jours qui viennent" la forme de son engagement politique pour l'avenir.

François Fillon et ses proches, qui se sont réunis mardi matin à l'Assemblée nationale, n'envisagent toutefois pas de quitter le principal parti d'opposition.

Eric Ciotti a déclaré mardi que le député de Paris n'était "pas du tout" dans une démarche sécessionniste.

PAS DE "SUICIDE" DE FILLON

Le député UMP Jacques Myard, un de ses soutiens, a voulu définitivement clore le débat sur le départ de François Fillon.

"S'il part, il se suicide", a-t-il déclaré à Reuters. "Il est clair qu'il va rester et qu'il va faire entendre sa musique. La messe est dite, il y a eu élection, il y a un perdant et un gagnant. Aucun des deux ne peut se permettre de casser la baraque, sinon c'est la Bérézina."

Pour Christian Jacob, président du groupe UMP à l'Assemblée et soutien de Jean-François Copé, le parti est maintenant uni.

"Tous se sont exprimés pour appeler à l'unité et au rassemblement, pour dire que le président de l'UMP c'était Jean-François Copé et que maintenant il fallait se mettre au travail", a-t-il déclaré après la réunion de son groupe.

La situation à l'UMP risque toutefois d'avoir des répercussions importantes sur le paysage politique français.

François Hollande peut espérer gagner un répit grâce aux déchirements de l'opposition et le résultat serré de l'élection laisse toutes les options ouvertes pour un retour éventuel de Nicolas Sarkozy.

Selon l'entourage de ce dernier, Jean-François Copé a appelé lundi soir l'ancien chef de l'Etat, dont il a fait sa principale référence, et ce dernier l'a "félicité". Nicolas Sarkozy a également eu François Fillon au téléphone, a-t-on précisé.

Les centristes et l'extrême droite estiment quant à eux qu'ils peuvent tirer un grand profit des tiraillements de l'UMP.

"Ce parti est aujourd'hui fracturé, un parti fracturé c'est par définition un parti qui est très affaibli", a déclaré sur France Info Marine Le Pen. "Je pense que nous avons de beaux jours devant nous."

"Parler de fracture morale, c'est en creux accuser l'autre camp d'immoralité, ce n'est tout de même pas rien pour l'avenir", a-t-elle dit en allusion aux propos de François Fillon, prédisant "quatre années d'enfer" à l'UMP.

Dans Le Monde, le président de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), Jean-Louis Borloo, considère que les bisbilles de l'UMP et sa "droitisation" sous Jean-François Copé sont une chance pour la famille centriste.

"La coalition de l'UDI et de l'UMP est nécessaire pour bâtir l'avenir", estime-t-il. "Il y a deux visions, deux équipes. Celle de Jean-François Copé et la nôtre. L'opposition a désormais deux leaders."

Yves Clarisse, avec Chine Labbé et Emile Picy, édité par Marc Angrand


click here for restriction
©2014 Reuters

Reuters

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit? Connectez-vous!

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes!

 
Forums
Valeurs les plus actives
  • CGG (ex-CGGVeritas)Acitivité: 10
  • CAC 40Acitivité: 7
  • Cibox InteractiveAcitivité: 6
  • Alcatel-LucentAcitivité: 5
  • StentysAcitivité: 5
  • Sequana (regroupées)Acitivité: 4
  • GaussinAcitivité: 3
Sujets à la une
  • Clôture Paris : le CAC40 s'envole de 2,2% ! 6
  • Trop payés, les membres des cabinets ministériels ? 33
  • Electricité : la hausse des tarifs sera finalement de 2,5% au 1er novembre 7
  • Valls voit dans Hollande un candidat naturel en 2017 19
  • Tous les forums
  • Cortal Consors, pionnier de la Bourse en ligne
  • Bourse Direct - Le leader de la bourse en ligne
  • BINCK.FR - Expert de la bourse en ligne
  • Fortuneo : la Bourse à des tarifs avantageux.
  • Abonnez-vous gratuitement aux publications et services BNP Paribas Produits de Bourse !
  • Hiscox, expert de l’assurance professionnelle
Cortal Consors