L'UMP plongée en plein psychodrame

PARIS (Reuters) - L'UMP est plongée en plein psychodrame après que les deux rivaux pour la présidence du principal parti d'opposition ont revendiqué la victoire, dans l'attente d'une éventuelle proclamation du résultat définitif lundi.

L'actuel secrétaire général du parti Jean-François Copé et l'ancien Premier ministre François Fillon ont répété lundi matin qu'ils se considéraient comme vainqueurs de ce scrutin qui risque de diviser durablement l'UMP en deux camps.

La commission chargée de les départager a repris lundi ses opérations de comptage, interrompues dans la nuit.

"C'est l'existence même de l'UMP qui est en cause", a déclaré l'ancien ministre des Affaires étrangères Alain Juppé sur i>TÉLÉ, appelant à la fin du "bal des ego".

Mais les deux concurrents n'entendent pas jeter l'éponge dans cette compétition sur laquelle plane l'ombre de Nicolas Sarkozy, référence ultime des militants de l'UMP.

"Je constate que je suis majoritaire dans un nombre considérable de départements. Je constate que je suis en tête", a déclaré Jean-François Copé sur BFM TV, qui affirme avoir un millier de voix d'avance.

Selon lui, des fraudes importantes ont été constatées dans des bureaux de votes des Alpes-Maritimes et à Paris. "Ça s'appelle du bourrage d'urnes, je dois dire que c'est quand même désolant", a-t-il déclaré.

Il demande que les résultats de ces bureaux de vote ne soient pas comptabilisés et dit attendre "sereinement" le comptage, appelant François Fillon à "reconnaître sa défaite".

"FRAUDES MASSIVES"

L'équipe de ce dernier, qui dit avoir 224 voix d'avance, refuse de rendre les armes.

"A cette heure, notre décompte confirme l'avance de François Fillon, mais seuls les chiffres définitifs et officiels permettront de trancher la situation", dit-elle dans un communiqué.

Son porte-parole Jérôme Chartier, a parlé de "fraudes massives" du camp rival dans le Gard et les Bouches-du-Rhône.

François Fillon était favori des sondages, réalisés toutefois sur des panels de sympathisants et non de militants du parti que Jean-François Copé dirige depuis 2010.

Dans cette formation créée en 2002 par la fusion du RPR et de l'UDF, les deux branches de la droite française, ce vote préfigure le combat pour la candidature à l'élection présidentielle de 2017, qui fera toutefois l'objet de primaires.

Deux lignes se sont affrontées dans ce vote.

Jean-François Copé, 48 ans, s'est inscrit dans les pas de Nicolas Sarkozy durant une campagne controversée - jugée par trop "droitière" par le camp adverse - et a redit sa "fidélité" à l'ex-président battu le 6 mai dernier par François Hollande.

François Fillon, 58 ans, s'est quant à lui posé en rassembleur, se distinguant subtilement de Nicolas Sarkozy dont il est néanmoins resté le Premier ministre pendant cinq ans.

Le vote intervient alors que le Parti socialiste, qui détient tous les leviers de commande nationaux et locaux, traverse une période d'impopularité croissante.

Quand le comptage du vote des militants UMP a été interrompu dans la nuit, il manquait une cinquantaine de procès-verbaux départementaux et les accusations de fraude se sont multipliées.

JUPPÉ VEUT CALMER LE JEU

Les ténors de l'UMP ont tenté de calmer le jeu lundi matin pour mettre fin le plus rapidement possible aux déchirements internes du principal parti d'opposition.

L'ancien président de l'Assemblée Bernard Accoyer a proposé sur BFM TV d'instaurer, en cas de litige persistant, un collègue présidé par un "sage" du parti pour trancher. L'idée d'un nouveau vote est aussi timidement évoquée.

Resté à l'écart de la bataille, l'ancien Premier ministre Alain Juppé, premier patron de l'UMP en 2002, a appelé les deux camps à se rapprocher.

"J'appelle François Fillon et Jean-François Copé à faire cesser immédiatement les invectives qu'échangent leurs partisans, à s'engager à accepter la décision de la commission de contrôle des opérations électorales, quelle qu'elle soit", écrit-il sur son blog.

Il demande aux rivaux de se rencontrer et de "réunir autour d'eux une instance de crise rassemblant leurs représentants et des personnalités qui sont restées en-dehors de la confrontation, afin d'accompagner le président proclamé dans la gouvernance de l'UMP".

Les deux camps affirment que le Parti socialiste n'a pas de leçon d'unité à donner à l'opposition, qui s'unira selon eux une fois les résultats définitifs proclamés.

"Le PS a recollé les morceaux au lendemain du congrès de Reims. Martine Aubry et Ségolène Royal ont fini à 50-50, ça n'a pas empêché François Hollande de l'emporter", a avancé Valérie Pécresse, qui fait partie du "ticket" Fillon.

En 2008, au congrès de Reims, Martine Aubry l'avait emporté de très peu à la tête du Parti socialiste aux dépens de Ségolène Royal - qui avait revendiqué la victoire d'emblée - à l'issue d'un scrutin contesté entaché de soupçons de fraudes.

Thierry Lévêque et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse


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